La Science contre l'Odre des Dentistes.

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Alors que tous les autres continents veulent y renoncer, l'Europe s'accroche au mercure dentaire.

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07-09-2011

BILAN des négociations de Nairobi (INC3)

 
Après Stockholm (Suède) et Chiba (Japon), les Nations se sont réunies pour la 3e session du Comité Intergouvernemental de Négociation sur le mercure, qui doit permettre d'élaborer un instrument juridiquement contraignant prévu pour 2013.
De cette session il faut retenir que, malgré les manoeuvres de la
Fédération Dentaire Internationale (FDI) et de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'Afrique a montré la voie vers une dentisterie sans mercure. L'Europe, quant à elle, demeure indécise sur ce point : l’UE organisera une conférence au printemps 2012 afin d’arrêter sa position avant la 4e session des négociations (INC4), en juin 2012 à Punta del Este (Uruguay). Il faudra donc faire preuve d'une grande détermination aux niveaux national et européen jusqu'à cette date.




500 délégués de 125 pays, le plus souvent des représentants du ministère de l’environnement, se sont réunis du 31 octobre au 4 novembre sur le site de l’ONU à Nairobi (Kenya) à l’occasion de la 3e session de négociation d’un traité sur le mercure (INC3), sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l‘Environnement (PNUE). L'avant-projet de texte du traité a servi de base aux discussions.

Les représentants de nombreuses ONG ont assisté aux négociations et ont pu exprimer leur point de vue, en séances plénières ou lors des réunions de groupes de travail qui se sont penchés sur des points précis du traité. Les lobbyistes étaient aussi présents, les plus nombreux étant de loin ceux de la Fédération Dentaire Internationale (FDI).


L’Alliance mondiale pour une dentisterie sans mercure


Ci-dessus à gauche : Florent Kuakou, Greame Munro-Hall, Charlie Brown, Marie Grosman, Dominique Bally et Ange Baimey



L’Alliance était représentée à Nairobi par :
  • son président, Charlie Brown (USA) ;
  • cinq chirurgiens-dentistes sans mercure : les docteurs Lilian Lebuen (Philippines), Lisa Matriste (Australie), Ilona Visser (Afrique du Sud), Florent Kuakou (Côte d’Ivoire) et Greame Munro-Hall (Royaume-Uni) ;
  • Ange Baimey (Jeunes Volontaires pour l’environnement, Côte d’Ivoire) ;
  • quatre vice-présidents : Dominique Bally (vice-président pour l’Afrique), Juliet Prat (vice-présidente pour l’Océanie), Naji Kodeih (vice-président pour le Moyen-Orient) et Marie Grosman (vice-présidente pour l’Europe).




Ci-contre : Juliet Prat, Charlie Brown, Marie Grosman, Lilian Lebuen, Greame Munro-Hall







Les représentants de l’Alliance ont participé aux réunions de travail avec les ONG (dès le 29 octobre), aux séances plénières des négociations, et aux groupes de travail (produits contenant du mercure et procédés ; information et avertissements du public). Des journées bien remplies, de 8h30 jusqu’à tard le soir.






Débriefing du soir



L'Alliance a aussi tenu un stand et distribué de la documentation.








Des alternatives à l’amalgame sont disponibles !


L’Alliance a organisé deux séances d’information sur les alternatives à l’amalgame : une en direction de la région Afrique (lundi 31/10) et l’autre en direction de la région Asie-Pacifique (le mardi 01/11).




En effet, il s’agissait d’informer les délégués sur l’existence d’alternatives à l'amalgame « efficaces, disponibles et abordables ». S’appuyant sur une solide documentation scientifique, les dentistes de l’Alliance ont démontré que le Ciment Verre Ionomère (CVI) remplissait tous ces critères. Le CVI apparaît comme un matériau de remplacement idéal de l’amalgame : meilleure longévité, biodisponibilité, respect du tissu dentaire, absence de risques pour la santé humaine et pour l’environnement. De plus, l’utilisation du CVI permettrait d’arrêter le trafic de mercure métallique vers les circuits de l’orpaillage (de nombreux dentistes africains revendent de façon illicite du mercure dentaire à des petits orpailleurs, en faisant au passage de substantiels profits).



Pour qui roule l’OMS ?



Ci-contre : David Geier, Lisa Sykes, Marie Grosman, Florent Kuakou. Lisa Sykes et David Geier représentaient le CoMED, très en pointe sur l'alerte concernant la relation entre mercure des vaccins et autisme, et la dénonciation des conflits d'intérêts dans les publications scientifiques sur ce dossier.



Petit rappel : le PNUE a mandaté l’OMS dans ces négociations pour les produits de santé contenant du mercure (thermomètres médicaux, cosmétiques, amalgames dentaires, vaccins…).
Concernant l’amalgame, l’OMS avait organisé conjointement avec la FDI et le PNUE une conférence en novembre 2009, à laquelle des scientifiques et des ONG avaient participé. Elle s’était engagée à en faire un compte-rendu impartial. Mais ce sont 4 dentistes de la FDI qui ont rédigé le rapport censé rendre compte de la conférence (appelé « Petersen paper », du nom du dentiste pro-amalgames représentant l’OMS auprès de la FDI) : l’amalgame était blanchi et sans défauts, alors que les alternatives n’étaient pas à la hauteur et nécessitaient des recherches supplémentaires. Devant la levée de boucliers qui a suivi ce rapport partial, l’OMS a dû le retirer en janvier 2011, juste avant les négociations de Chiba (INC2). Le nouveau rapport de l'OMS a été publié le 11 octobre 2011 et présente des avancées notables. Il remplace désormais le rapport de 2010, caduque.


Les dernières manœuvres du lobby pro-amalgames

Le lobby dentaire était venu en force : 7 représentants de la FDI et de l’IADR étaient présents à Nairobi.
Cette « équipe spéciale sur l'amalgame » a été mise en place par la FDI et l’IADR (International Association for Dental Research, très proche de la FDI) pour « expliquer clairement à l’INC que l’amalgame dentaire représente actuellement un important élément du maintien et de la protection de la santé publique mondiale ». On ne saurait être plus clair ! Aussi incroyable que cela paraisse, les représentants de l’OMS, de la FDI et de l’IADR ont, à chacune de leurs interventions, fait comme si le rapport de 2010 était toujours d’actualité, le citant abondamment et ignorant le rapport de l’OMS 2011 !

OMS comme FDI n’osent plus affirmer que les amalgames ne présentent pas de risques pour la santé et l’environnement : leur seule ligne de défense est désormais l’absence d’alternatives satisfaisantes, en dépit de toute la documentation scientifique.

De fait, ce groupe de lobbying était visiblement là pour brouiller notre message sur l’existence d’alternatives satisfaisantes. Ils se sont invités à nos réunions sur le sujet pour tenter de produire du doute et ont utilisé deux dentistes kenyans (dont une se cachant derrière l’appellation d’ « universitaire », mais nous l’avons rapidement démasquée !). Mais au-delà du message incantatoire : « on ne peut pas se passer des amalgames, surtout en Afrique », ils n’ont pu s’appuyer sur aucune donnée scientifique, contrairement aux dentistes de l’Alliance.
Le plus étonnant est que l’OMS et la FDI ont soutenu l’ART. Ainsi, en 2000, l’OMS considérait que l’ART était le meilleur traitement de contrôle des caries, précisant que « la promotion de l’ART est l’un de ces objectifs majeurs ». WHO, Atraumatic Restaurative Treatmentfor tooth decay: a global initiative 1998 - 2000, 2000.

Etrange proposition de l’OMS

Dans le cadre du traité, le monitoring permettant de suivre les améliorations consécutives à l’application de mesures préventives a été discuté. La représentante de l’OMS est intervenue pour préciser qu’il lui semblait important d’effecteur des mesures de mercure dans… l’air ! Si l’OMS était vraiment soucieuse de la santé de la population, elle ferait mieux de demander des mesures de biomonitoring. Nous avons donc pris la parole en séance plénière pour réclamer des analyses de mercure dans le cordon ombilical et le lait maternel, rappelant que les mères ayant des amalgames ont un lait qui dépasse dans la moitié des cas la valeur limite de l’OMS. (lire l’intervention)


L’Afrique montre le chemin


Malgré toutes ces manœuvres, et grâce à la pédagogie déployée par les membres de l’Alliance, la région Afrique a adopté une position très ferme. Refusant de devenir « la poubelle des pays riches » (l’Afrique et l’Asie représentaient les futurs marchés pour les marchands d’amalgame, qui ont bien compris que celui-ci n’en a plus pour longtemps dans les pays développés), elle réclame la fin de l’usage du mercure dentaire dans les 3 ans qui suivent la signature du traité (donc entre 2016 et 2018). Elle a été suivie par la région Asie-Pacifique et le Grolac (Amérique latine). Les Etats-Unis et l’Australie demandent la disparition programmée des amalgames.


Frileuse Union européenne


Reste l’Union Européenne : elle n’a pas encore pris position, se déclarant « ouverte à des discussions sur la diminution de l’usage de l’amalgame » : une position on ne peut plus minimaliste pour l’instant.
L’UE organisera une conférence au printemps 2012 afin d’arrêter sa position avant la 4e session des négociations, en juin 2012 à Punta del Este (Uruguay).



 

16-04-2011

Les amalgames dentaires sont-ils sans danger pour l’être humain ?

 
LA REPONSE DU DOCTEUR JOACHIM MUTTER AU SCENIHR


Nous vous invitons à lire l'article remarquable publié par Joachim Mutter dans le Journal of Occupational Medicine and Toxicology, intitulé "Is dental amalgam safe for humans ?"

Un grand merci à Julie Chevalier pour la traduction d'un document aussi précieux.

Vous pouvez télécharger ici le texte en PDF.

Le texte original est consultable ici.

Ci-dessous, pour faciliter la lecture, le texte se déroule en cliquant sur les titres des paragraphes.




Les amalgames dentaires sont-ils sans danger pour l’être humain ?
L’avis du comité scientifique de la commission européenne
Joachim Mutter

 

Résumé

Le SCENIHR (Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks) a soutenu dans un rapport à la Commission Européenne qu’ « …il n’existe aucun risque d’effet secondaire systémique et que l’usage courant de l’amalgame dentaire ne pose aucun problème de maladie systémique… »
[1- http://ec.europa.eu/health/ph_risk/committees/04_scenihr/docs/scenihr_o_016.pdf ]

Le SCENIHR a occulté la toxicité du mercure et a exclu de ses recherches les études scientifiques les plus importantes. Les véritables données scientifiques prouvent que :


a) L’amalgame dentaire est de loin la principale source de mercure total chez l’homme. Ceci a été prouvé par des autopsies au cours desquelles on a mesuré 2 à 12 fois plus de mercure dans les tissus des individus portant des amalgames. Les autopsies sont les études les plus fiables et les plus importantes en ce qui concerne l’examen de la charge de mercure dans le corps humain imputable aux amalgames dentaires.

b) Ces autopsies ont montré de manière significative que beaucoup d’individus portant des amalgames avaient des taux toxiques de mercure dans le cerveau ou les reins.

c) Il n’y a aucune corrélation entre les niveaux de mercure sanguins ou urinaires, et les niveaux de mercure dans les tissus corporels ou la sévérité des symptômes cliniques. Pourtant, le SCENIHR se fie uniquement à ces indicateurs.

d) La demi-vie du mercure dans le cerveau peut être de plusieurs années ou décennies, le mercure s’accumulant progressivement dans les tissus du corps à des taux toxiques. Pourtant, le SCENIHR maintient que la demi-vie du mercure dans le corps est de seulement « 20 à 90 jours ».

e) Les vapeurs de mercure sont environ 10 fois plus toxiques que le plomb pour les neurones humains et leur toxicité est aggravée par la présence d’autres métaux.

f) Les méthodologies de la majorité des études citées pas le SCENIHR, qui concluent que les amalgames sont sans danger, sont contestables.




Les amalgames dentaires sont la principale source de mercure dans les tissus corporels humains 

Les composants organo-mercuriels ne proviennent pas des amalgames dentaires ? 

Les niveaux de toxicité in vitro et in vivo 

Pas de niveaux toxiques de mercure imputables aux amalgames dentaires ? 

Les niveaux toxiques de mercure dans la maladie d’Alzheimer 

Des transformations cérébrales pathologiques chez la plupart des allemands ? 

Les amalgames de la mère, principales sources du mercure des tissus infantiles 

Le mercure dans les tissus infantiles : un risque accru de troubles neurologiques du développement ? 

Pas de corrélation entre le mercure urinaire et sanguin et le mercure dans les tissus 

Une association paradoxale entre les niveaux de mercure dans l’urine et les symptômes cliniques 

Des niveaux de sécurité pour le mercure? 

La demi-vie du mercure dans le corps 

La toxicité du mercure 

La toxicité synergique du mercure et du plomb (Pb) 

Pas d’effets nocifs liés aux amalgames dentaires ? 

La maladie d’Alzheimer (AD) 

La maladie de Parkinson (PD) 

Des effets secondaires chez le personnel de la dentisterie ? 

Sclérose en plaques (SEP) 

Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA) 

La « maladie des amalgames » et les marqueurs de l’hypersensibilité 

Susceptibilité accrue au mercure et aux amalgames 

Amélioration après retrait des amalgames 

Pas de troubles neurocomportementaux liés aux amalgames ? 

L’essai sur les enfants porteurs d’amalgames 

La contribution des amalgames à la pollution au mercure 

Conflits d’intérêts 

Références