L'Europe interdit les amalgames dentaires
chez les enfants,
les femmes enceintes
et les mères allaitantes
à partir de 2018 !


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12-12-2016

Communiqué de presse (12/12/2016) : L'Europe interdit les amalgames dentaires chez les enfants, les femmes enceintes et les mères allaitantes

 




Réunis en Trilogue, la Commission, le Parlement et le Conseil européens se sont accordés dans la nuit du 06 au 07 novembre pour protéger les populations identifiées comme les plus vulnérables contre le mercure dentaire. Ainsi, à compter du 1er juillet 2018, il deviendra interdit de poser des amalgames dentaires dans la bouche des enfants de moins de 15 ans, ainsi que chez les femmes enceintes et allaitantes [1].

« Le mercure, qui compose 50 % des amalgames dentaires, est un perturbateur endocrinien et un neurotoxique extrêmement puissant, explique Marie Grosman, vice-présidente de l'Alliance mondiale pour une dentisterie sans mercure. C'était une aberration et un scandale que d'utiliser, au XXIe siècle, un dispositif médical exposant des organismes en développement à un toxique aussi délétère. Cette page sera, heureusement, bientôt tournée. Je regrette en revanche que les instances européennes aient refusé de pousser le raisonnement jusqu'à son terme, comme les invitaient à le faire les députés européens de la commission ENVI qui réclamaient l'interdiction des amalgames pour tous à l'horizon 2022 : quel bénéfice les autres patients peuvent-ils tirer d'une exposition au mercure ? Les amalgames sont remplaçables chez les jeunes mères et les enfants... pourquoi ne le seraient-ils pas pour tous ? Pourquoi continuer à exposer une partie de la population à ce redoutable toxique ? »

Il revient désormais à chaque État membre de fixer, d'ici à juillet 2019, sa feuille de route pour diminuer l'usage des amalgames ; sur cette base, la Commission européenne proposera une stratégie d'élimination du mercure dentaire, sur le long terme et si possible d'ici 2030.

En France, l'Agence du médicament française (ANSM) affirme « sa volonté de voir réduire de façon importante l'utilisation des amalgames » : elle recommande ainsi de les réserver « à des situations cliniques particulières pour lesquelles les autres techniques ne peuvent être utilisées ». Dans le même temps, elle assure n'avoir « pas identifié d'indication de restauration où l'amalgame ne pourrait être remplacé par un autre matériau [2] ». Les autorités françaises ont ainsi soutenu, lors des négociations, les amendements demandant l'interdiction des amalgames dentaires à l'horizon 2022, avec pour exceptions « les cas où c'est la seule solution envisageable pour des raisons de santé [3] ».

Forte de cette volonté, espérons que la France saura dessiner un scénario clair et rapide de sortie de l'amalgame, qui puisse servir d'exemple à toute l'Europe !


Références 
 

18-11-2016

Communiqué de presse (1er décembre 2016) : L’Europe doit se saisir de la Convention de Minamata pour interdire le mercure dentaire

 
Adoptée en 2013, la Convention de Minamata sur le mercure est la première réglementation internationale sur une substance spécifique, ce qui souligne l’extrême dangerosité du mercure.

L’Union Européenne doit maintenant ratifier ce texte, en précisant la mise en œuvre de la Convention.

Une question centrale est celle des amalgames dentaires (les « plombages »), constitués pour 50 % de mercure, et que plusieurs États membres se refusent pourtant à interdire, alors qu’ils représentent la première source d’exposition et d’imprégnation mercurielle des Européens.

La Commission européenne souhaite appliquer la Convention a minima, en rendant obligatoire ce qui l’est déjà depuis longtemps dans notre pays : les capsules prédosées et les séparateurs d’amalgames [1] – des mesures qui ne changeront rien à l’exposition des patients français ni à celle de nombreux autres Européens, et qui en outre ne protègent pas l’environnement.

Au contraire, les Eurodéputés de la commission ENVI se sont prononcés pour une interdiction des amalgames dentaires à l’horizon 2022, avec un abandon dès 2018 en ce qui concerne les dents de lait, ainsi que pour les femmes enceintes et allaitantes [2].

Le trilogue va maintenant s’engager. En juillet dernier, la France avait approuvé le rapport de la commission ENVI [3], se déclarant favorable aux amendements réclamant l’élimination de l’amalgame.

Nous appelons solennellement le gouvernement français à maintenir une position qui l’honore par son souci de préserver l’environnement et la santé de la population européenne. Nous voulons croire que la France saura convaincre la Commission, ainsi que les États membres récalcitrants, que l’Europe ne peut pas avancer sérieusement dans la lutte contre le mercure aussi longtemps qu’elle tolère que l’on installe ce puissant toxique directement dans la bouche des Européens.




RÉFÉRENCES 


 

14-10-2016

Communiqué de presse (14 octobre 2016) : La Commission ENVI demande l’interdiction des amalgames dentaires dans l’UE d’ici à 2022

 











Au cours de l’examen sur la mise en œuvre de la Convention de Minamata sur le mercure, les eurodéputés de la commission « Environnement » se sont prononcés, jeudi 13 octobre, pour l’abandon de l’amalgame dentaire à l’horizon 2022. Les praticiens devraient même renoncer à ce dispositif médical pour les dents de lait ainsi que pour les femmes enceintes et allaitantes dans l’année suivant l’adoption de la résolution, donc dès 2018.

Non Au Mercure applaudit cette décision contraire à l’avis de la Commission européenne – laquelle considère simplement ce dispositif médical toxique comme un gisement d'emplois .
Non Au Mercure félicite les eurodéputés pour leur souci de protéger d’abord les populations et l’environnement, conformément à l’avis des experts indépendants et au vœu d’une large majorité de citoyens .
Les amalgames dentaires représentent en effet de très loin la première source d'exposition et d'imprégnation en mercure des Européens : prétendre lutter contre le mercure tout en maintenant son usage en dentisterie n’a strictement aucun sens.

Souhaitons maintenant que les gouvernements des États membres, l’ensemble du Parlement européen et la Commission européenne accepteront de se ranger à cette évidence au cours du trilogue à venir. Tous les citoyens européens attachés à la santé publique et à un environnement sain devront se mobiliser pour cela.


 

15-11-2016

GARE AUX APPROXIMATIONS !

 
Depuis fin septembre, plusieurs médias véhiculent l'information selon laquelle « l'exposition au mercure deviendrait toxique à partir de 8 obturations dentaires » [1].

Cet énoncé suggère que l'amalgame serait un matériau acceptable, à condition de ne pas en abuser.

Or la publication scientifique sur laquelle s'appuient les journalistes explique en réalité que les niveaux de mercure trouvés dans le sang sont excessivement élevés non pas à partir de 8 amalgames en bouche, mais de 8 surfaces d'amalgames.

Chaque molaire et prémolaire présentant 4 à 5 surfaces, il est donc possible de constater cette élévation considérable des niveaux de mercure avec seulement 2 amalgames. Sachant que les Français ont en moyenne entre 13 et 15 dents cariées, absentes ou obturées (ce qu’on appelle l’« indice CAO ») [2], le fait que 2 amalgames suffisent à entraîner des niveaux dangereux de mercure représente une nouvelle très inquiétante, rappelant combien il est urgent de mettre un terme à l'usage de ce dispositif médical toxique.


 


[1] Ainsi sur les sites de Science Daily, du Parisien, de France Info ou encore en préambule au reportage diffusé dans le Magazine de la Santé du 13 octobre (à partir de 11min15).

[2] Selon la Haute Autorité de Santé, p.7.