A Berlin, les ONG appellent
à une interdiction totale
des amalgames dentaires
en Europe d'ici 2022


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14-11-2016

ARCHIVES POUR L'ANNEE 2013 - PARTIE 1

 

Une loi pour en finir avec le mercure dentaire – Article du 06 décembre 2013

 











Une conférence de presse s'est tenue le 05 décembre à Paris à l'initiative de l'eurodéputée Michèle Rivasi, de la sénatrice Aline Archimbaud et du député Jean-Louis Roumegas, ainsi que des associations Non Au Mercure Dentaire et Réseau Environnement Santé.

Sur la base de toutes les avancées politiques et des expertises concordantes de ces derniers mois, nous proposons une loi pour éliminer le mercure et moderniser les soins dentaires.

Notre dossier de presse se trouve ici.

L'argumentaire de notre loi a été adressé aux ministres de l'Ecologie, de la Santé et du Travail, accompagné de lettres spécifiques signées par les élus et les associations présentes, ainsi que par l'Association Toxicologie Chimie.

Aline Archimbaud et Jean-Louis Roumegas déposeront dans les semaines à venir le texte de loi respectivement au Sénat et à l'Assemblée Nationale.

Les premiers échos de la presse se font entendre :







Communiqué de presse (26 novembre 2013) - Le SCHER affiche son mépris des citoyens européens

 






Contexte. Le comité scientifique européen sur les risques sanitaires et environnementaux (SCHER) a rendu fin septembre un rapport préliminaire très attendu concernant la pollution occasionnée par le mercure dentaire et les effets indirects de cette substance sur la santé publique. Ce rapport montrait que le mercure issu des « plombages » contamine les poissons d’une manière qui peut présenter un risque pour les consommateurs. Nous avions souligné de manière positive la reconnaissance de ce danger, qui s’ajoute aux raisons déjà innombrables pour lesquelles il faut au plus vite nous débarrasser des amalgames dentaires. Toutefois ce travail minorait voire ignorait d’importants aspects.

Les citoyens et personnes morales étaient invités à adresser leurs commentaires au SCHER jusqu’au 20 novembre. De nombreuses contributions ont été déposées. Notamment :
  • l’Alliance mondiale pour une dentisterie sans mercure a rappelé qu’il n’existe pas de seuil en dessous duquel le mercure serait sans risques et déploré que le SCHER ne tienne pas compte des populations vulnérables ;
  • le Bureau Européen de l’Environnement a montré que de nombreuses données existantes n’avaient pas été considérées par les experts, ce qui les conduit à minorer la pollution imputable au mercure dentaire – notamment lors des crémations ;
  • 8 sociétés dentaires européennes ont proclamé que l’usage des amalgames ne se justifie plus ;
  • la Confédération des Syndicats Européens (ETUC) a regretté que le sujet de l’intoxication professionnelle, très documenté, n’ait pas été pris en compte ;
  • l’association française Non Au Mercure Dentaire a signalé que des études nombreuses donnent à penser que la pollution au mercure dentaire participe au développement du phénomène extrêmement préoccupant de l’antibiorésistance ;
  • l’association allemande Centrum für Amalgam Toxicologie a mis en perspective le contexte global et des effets généraux du mercure, qui ne peuvent pas être oblitérés dans un rapport de cette nature.


Mais le SCHER a fait preuve, pour le moins, d’une absence singulière de coordination et de contrôle sur ses publications en publiant ce même 20 novembre un bulletin d'information qui reprend les résultats du rapport préliminaire. Doit-on par là comprendre que les avis des contributeurs sont d’avance condamnés à ne pas être lus ?

Nous attendons maintenant de la Commission européenne, du Parlement européen et des États membres qu’ils demandent sans tarder au SCHER d’expliquer cette situation et de se remettre au travail sur la base des données qui lui ont été apportées. À défaut, la défiance des citoyens envers les agences sanitaires européennes et plus généralement envers les institutions de l'Europe continuera inexorablement de s’accentuer.



Contributions au rapport du SCHER – Article du 25 novembre 2013

 


Le SCHER a publié en septembre un rapport préliminaire sur les risques environnementaux et les effets sanitaires indirects dus aux amalgames dentaires.
Bien que cette expertise apporte des éléments intéressants, de nombreuses organisations ont pointé des insuffisances et ont en conséquence apporté des commentaires écrits.
Veuillez trouver ci-dessous les contributions de NAMD et de quelques-uns des acteurs avec lesquels nous collaborons :

  • La contribution de NAMD se concentre sur le développement de la résistance aux antibiotiques induite par le mercure dentaire : document disponible en français ou en anglais.
  • La contribution de l'Alliance mondiale pour une dentisterie sans mercure (région Europe) conteste l'idée de seuil de toxicité pour le mercure et rappelle que le calcul des risques doit tenir compte de la vulnérabilité spécifique de certaines populations : document disponible en français ou en anglais.
  • La contribution conjointe du Bureau européen de l'environnement, de l'Alliance mondiale pour une dentisterie sans mercure et du Mercury policy project montre notamment que les experts du SCHER ont sous-estimé la pollution due au mercure dentaire : document disponible en anglais.
  • La contribution du Centrum für Amalgam Toxicologie revient sur des effets généraux du mercure : document disponible en anglais.
  • Huit sociétés dentaires ont déclaré que l'usage du mercure dentaire ne se justifie plus : document disponible en anglais.

    [LI]Enfin la contribution de la Confédération des Syndicats Européens s'est intéressée à l'intoxication au mercure des professionnels de la dentisterie : document disponible en français ou en anglais.






Communiqué de presse (22 octobre 2013) - L’Agence du Médicament (ANSM) contrainte de renoncer à un rapport indigent sur le mercure dentaire

 





Contexte. En décembre dernier, l’association Non Au Mercure Dentaire (NAMD) prenait connaissance d’un projet de rapport de l’ANSM clairement destiné, une fois encore, non pas à évaluer la toxicité des amalgames dentaires, mais à les innocenter en vertu d’une méthodologie biaisée. Les critiques de NAMD seraient restées sans effet si nous n’étions intervenus auprès de la Direction Générale de la Santé (DGS) qui, sur la base des « nouveaux éléments » que nous apportions, a ressaisi l’ANSM. NAMD a donc fait l’objet d’une audition en mai dernier devant la Commission de prévention des risques liés à l’utilisation des produits de santé de l’ANSM. Très instructif, le compte-rendu de la séance a été mis en ligne le 8 octobre 2013.

« Une pseudo méta-analyse ». La commission a estimé que le rapport ne pouvait être publié en l’état. Plusieurs membres critiquent les insuffisances de la bibliographie ; l’un d’eux, Alain-Claude Roudot [1], fait valoir qu’« une évaluation de risque ne peut [...] pas être réalisée sans étude toxicologique et d’exposition », comme c’est ici le cas ; en deux mots, la copie rendue par l’ANSM ne constitue selon lui qu’une « pseudo méta-analyse ». D’autres carences graves sont pointées : comment se fait-il que le rapport ne mentionne pas le contexte international « illustrant que personne ne veut du mercure » ? Comment les experts peuvent-ils passer sous silence la toxicité de ce métal, et le fait qu’il « soit en passe d’être classé CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique) » ? Comment peut-on se dispenser d’évaluer « la dose de mercure chez les personnes atteintes de pathologies » ? Comment évacuer aussi l’évaluation des alternatives aux amalgames ? Comment éviter de rappeler que « l’absence de preuve ne signifie pas absence de danger » [2] ?

« La mort annoncée [des] amalgames ». Jean-Louis Blache [3] craint qu’en présentant un rapport de cette nature, l’ANSM ne « soit taxée d’être « pro-amalgame ». Serge Boarini [4] appelle également l’Agence à la prudence : « la recommandation de l’ANSM est [...] transitoire en attendant la mort annoncée » du mercure dentaire. Le représentant des usagers Amédée Muller [5] rappelle « que le mercure est un poison et que les amalgames dentaires sont en cours de disparition. Il paraît par conséquent difficile d’approuver un rapport qui ne prend pas en compte [le] principe de précaution ». En somme, en continuant de proclamer que le mercure ne ferait courir aucun risque, alors qu’il disparaît de tous ses usages en raison même de sa dangerosité, l’Agence s’expose au ridicule... mais c’est un ridicule morbide et mortifère qui, en faisant perdurer l’usage des plombages, menace les patients, les professionnels, leurs enfants, l’environnement et, par suite, la population générale.

Une transparence très nécessaire. Suite à l’intervention de Non Au Mercure Dentaire, le Directeur Général de l’ANSM a dû renoncer à publier le projet de rapport en l’état, et a demandé qu’il soit « complété par les données d’une revue systématique de la littérature. » On ne peut que se féliciter d’une telle décision, et espérer qu’elle engagera l’Agence à faire preuve d’une rigueur accrue dans ses expertises à venir. Car cet épisode illustre bien qu’en l’absence de garde-fous l’ANSM continue de fonctionner sur la base de principes trop souvent moins favorables à la santé publique qu’à la satisfaction des fabricants de produits de santé ou des instances professionnelles. Il faut donc que l’Agence apprenne désormais à intégrer de manière systématique la vigilance citoyenne... une ambition qui semble encore bien lointaine !

 


[1] Membre de la Commission, chercheur en évaluation du risque alimentaire et environnemental.
[2] La distinction peut sembler évidente, mais les instances dentaires ont plusieurs fois démontré sur ce dossier qu’elles peinaient à l’intégrer.
[3] Membre de la Commission, Médecin hospitalier spécialisé en anesthésie réanimation.
[4] Membre de la Commission, Docteur ès Lettres-Philosophie.
[5] Membre de la Commission, Président de l’Association française des malades et opérés cardiovasculaires (AFDOC).

 


L'enregistrement vidéo de la réunion de la Commission des risques durant laquelle NAMD est intervenue est disponible en ligne.





Communiqué de presse (14/11/2013) – PLFSS : les représentants des dentistes font capoter l’amendement sur le mercure dentaire

 





Les sénateurs ont rejeté cette nuit l’amendement proposé par le groupe Europe Écologie Les Verts et défendu par Aline Archimbaud, instaurant une taxe prohibitive sur le mercure dentaire.

La Commission des affaires sociales a reconnu que cet amendement pose « une question importante en termes de santé publique » ; mais, compte tenu de la complexité du sujet, elle a préféré s’en remettre à l’avis du gouvernement. Celui-ci, représenté par le ministre du Budget Bernard Cazeneuve, a mentionné que la France « s’est engagée à réduire sa consommation de mercure » ; il a toutefois donné un avis défavorable à ce texte, qui aurait permis une réduction drastique et immédiate de l’usage des amalgames dentaires, au motif qu’un processus graduel de diminution, déjà enclenché, devrait se poursuivre dans le cadre de conventions avec l’Association Dentaire Française (ADF) en vue d’une élimination envisagée à l’horizon 2020. Les sénateurs communistes ont avancé une autre thèse pour refuser cet amendement : les amalgames seraient irremplaçables « pour les pays pauvres et pour les pauvres de nos pays » car, leur a-t-on fait croire, la seule alternative résiderait dans les coûteux inlays en céramiques, inaccessibles aux plus modestes.

Quelque habitués que nous soyons aux campagnes de désinformation des représentants des dentistes, nous nous étonnons de voir jusqu’où ils poussent ici le mensonge quand ils dispensent leurs avis aux élus de la République. Ainsi :
  • alors que les trois types de matériaux d’obturation (amalgames dentaires, résines, ciments verres ionomères) ont la même cotation pour la Sécurité sociale et que la substitution de l’un par l’autre ne modifie en rien le coût pour le patient ;
  • alors que l’ANSM admet que les amalgames dentaires sont remplaçables dans tous les cas par les autres matériaux d’obturation [1] ;
  • alors que de nombreux dentistes en France se passent totalement de mercure, parfois depuis des décennies [2] ;
  • alors que le mercure dentaire se voit déjà interdit dans des pays comme le Zimbabwe, la République Dominicaine ou l’Arménie (pour ne citer que quelques-uns des pays où le niveau de vie n’est pas, que nous sachions, particulièrement élevé)...

... les propagandistes de l’amalgame sont parvenus à persuader les sénateurs CRC, dont nous ne mettons pas ici en cause la bonne foi, qu’il n’existe rien d’autre pour les pauvres que ce matériau inesthétique et toxique [3].

L’Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD), l’ADF et le syndicat de dentistes majoritaire CNSD n’ont jamais reculé devant des arguments fallacieux, voire totalement faux, ni devant des valeurs erronées pour faire croire aux praticiens que l’amalgame ne poserait aucun problème de santé publique [4], ce qui a conduit notre pays à devenir le premier consommateur d’amalgames en Europe et peut-être le seul endroit au monde où l’on recommande l’usage de ce matériau neurotoxique pour soigner les enfants, dont le système nerveux est en développement. Il y a un an, l’ONCD et l’ADF priaient encore la ministre de la Santé d’épargner les amalgames dentaires de la stratégie de réduction générale du mercure [5]. Certes, l’usage du mercure dentaire diminue, mais ce n’est certainement pas grâce à ces organisations : la baisse constatée résulte d’abord du fait que tous les praticiens ne sont pas dupes des imaginations ordinales, ainsi que de la préférence bien compréhensible des patients pour des matériaux dentaires modernes. En vérité, à la faveur des crispations des instances dentaires et en dépit de cette réduction spontanée de l’usage du mercure dans les soins dentaires, une obturation sur quatre en France se fait encore à l’amalgame [6] – une proportion considérable, très largement supérieure à ce qu’on observe dans les pays ayant adopté une dentisterie moderne.

Aussi, supposer aujourd’hui que la consommation de mercure dentaire va diminuer de manière significative grâce à la seule bonne volonté d’organisations dentaires archaïques et mensongères nous apparaît comme un pari pour le moins hasardeux.


 


[1] « Au cours de l’enquête menée auprès des fabricants de produits d’obturation dentaire, il n’a pas été identifié d’indication de restauration où l’amalgame ne pourrait être remplacé par un autre matériau. De plus, l’utilisation d’une technique indirecte, notamment avec des matériaux incrustés, constitue une alternative à considérer. »

[2] http://www.procontremercure.lautre.net/Lettre-ouverte-de-chirurgiens.html

[3] De fait, c’est la situation actuelle qui s’avère extrêmement discriminante, et qui fait peser sur les pauvres une double peine. En France, les inégalités sociales pèsent très lourdement sur la santé bucco-dentaire : non seulement les plus défavorisés sont nettement plus affectés par la maladie carieuse que les populations aisées, mais ils se voient de surcroît prioritairement soignés avec l’amalgame dentaire qui, selon l’OMS, induit la majorité des effets secondaires dus aux matériaux dentaires, y compris des problèmes généraux de santé.
http://www.drees.sante.gouv.fr/sante-bucco-dentaire-des-enfants-des-inegalites-des-le-plus,11172.html
http://www.non-au-mercure-dentaire.org/actualites-non-au-mercure.php?article=159

[4] http://www.non-au-mercure-dentaire.org/actualites-non-au-mercure.php?article=161
http://www.non-au-mercure-dentaire.org/actualites-non-au-mercure.php?article=162
http://www.non-au-mercure-dentaire.org/actualites-non-au-mercure.php?article=194

[5] http://www.ordre-chirurgiens-dentistes.fr/lordre/la-lettre-de-lordre/detail-la-lettre-de-lordre.html?tx_ttnews[tt_news]=350&cHash=7e3778874d6a2c377b85151587c9f9ee

[6] Selon les données de l’ANSM qu’a par ailleurs exploitées par M. Bernard Cazeneuve durant son exposé au Sénat.


L'Alliance mondiale pour une dentisterie sans mercure à Minamata – Article du 14 novembre 2013

 



Non Au Mercure Dentaire n'a pu se rendre au Japon pour la signature de la Convention de Minamata sur le Mercure, dont le texte avait été finalisé en janvier dernier. L'Alliance mondiale pour une dentisterie sans mercure, en la personne de son Vice-Président pour la région Afrique Dominique Bally KPOKRO, a néanmoins porté notre voix devant les 144 Nations réunies.

Excellence Messieurs les chefs d’États et de Gouvernement des différentes nations ici présents,
Excellence Messieurs les Ministres, en vos fonctions et titres respectifs,
Excellence Monsieur le Président du Bureau de la conférence diplomatique de la convention de Minamata sur le mercure,
Distingués représentants des États, en vos titres et rangs respectifs,

L’Alliance mondiale pour une dentisterie sans mercure vous remercie d’avoir permis à ce traité de voir le jour en y apposant la signature de vos États.

C’est l’occasion pour nous de souhaiter vivement que la convention de Minamata qui vient d’être signée soit rapidement ratifiée afin que les engagements pris pour la mise en œuvre du traité puissent se concrétiser.

Nous remercions vivement toutes les régions pour leurs efforts durant tout le processus de négociations pour que l’amalgame dentaire soit mentionné dans l’annexe A du traité comme produit avec des étapes réelles d’élimination.

Cependant, nous demandons un effort supplémentaire à chaque nation pour qu’en ce qui concerne les amalgames dentaires, au moins trois des étapes figurant dans l’annexe soient mises en œuvre dans chaque pays, parmi lesquelles nous estimons que les moins onéreuses sont :

  • Le changement des programmes d’enseignement dans les universités, dès maintenant, en les orientant vers la mise en œuvre des alternatives, et d’ici deux ans, la suppression de l’amalgame des dits programmes d’enseignement ;
  • La promotion des alternatives, qui d’ailleurs sont abordables, efficaces et disponibles, dans les programmes des gouvernements et des assurances ;
  • L’information des parents et des consommateurs sur la véritable composition des amalgames, qui contiennent 50 % de mercure (mais pas de plomb, et très peu d’argent), et la possibilité de choisir des alternatives non-toxiques.

Nous serons d’une infinie reconnaissance envers toutes les Nations qui dès à présent, prendront toutes les dispositions pour interdire, dans un futur très proche, l’usage des amalgames dentaires et aussi envers celles qui refuseraient la réorientation des ventes des quantités d’amalgame restantes aux fabricants vers leur territoire. L’Alliance mondiale pour une dentisterie sans mercure réaffirme, par conséquent, toute sa disponibilité à collaborer avec toutes les Nations qui feraient de l’élimination du mercure dentaire une priorité.

Aussi souhaitons–nous vivement que des fonds soient rapidement alloués aux États ou même aux régions qui, pendant l’intercession, ont des projets allant dans le sens de la réduction du mercure dentaire en leur sein.

Nous sommes reconnaissants d’avance de ce que les pays donateurs mobiliseront immédiatement les fonds promis depuis l’adoption du traité, en vue de l’effectivité dudit traité.

Je vous remercie !

Dominique Bally KPOKRO
Vice –Président Afrique de l’Alliance Mondiale pour une Dentisterie sans mercure.



De nombreux pays se sont engagés à Minamata (ou précédemment) à faire de l’élimination à court terme - au plus tard en 2015 - des amalgames une priorité :

  • Amérique latine : Equateur, Uruguay. En République Dominicaine, les amalgames sont déjà interdits.
  • Afrique : Gambie, Centre-Afrique, Cameroun (interdiction en janvier 2014), Gabon, Zambie, Sud-Soudan, Ouganda, Madagascar, Ile Maurice. Au Zimbabwe, la décision a déjà été prise en 1984 : un décret du Président a fait de l’ART (une alternative utlisant le ciment verrre ionomère) une priorité, de sorte que le mercure dentaire n'est plus en usage depuis longtemps.
  • Asie du Sud-Est : Philippines, Bangladesh, Népal.
  • Océanie : Nouvelle-Zélande, Iles Kiribati.
  • Europe : Suisse, Géorgie. La Suède, la Norvège et la Suisse ont proposé un soutien financier et technique aux pays en développement désirant éliminer le mercure dentaire.

Nous souhaitons que la France s'inspire de ce volontarisme. Il ne convient plus d'attendre l'Europe, mais d'impulser en elle un changement nécessaire vers un système de soins enfin débarrassé de toutes substances toxiques !




Un amendement pourrait signer le début de la fin du mercure dentaire – Article du 13 novembre 2013

 






Dans le cadre du projet de loi de finances de la sécurité sociale (PLFSS), les sénateurs Europe Écologie Les Verts ont déposé un amendement pour imposer une taxe de 32 € sur le gramme de mercure dentaire. Si l’amendement était adopté, ce montant prohibitif se traduirait de facto par une réduction massive de l’usage de l’amalgame dentaire, composé de 50 % de mercure.

Depuis quelques semaines, de nombreuses nouvelles se sont accumulées pour incriminer ce matériau d’obturation si dangereux pour l’environnement et la santé publique :
- la Convention de MinamataConvention de Minamata a montré que plus aucun pays ne veut du mercure. Il s’agit de la première réglementation internationale sur une substance spécifique – ce qui montre bien, précisément, la spécificité de cette substance.
- les députés européens ont adopté un rapport demandant l’élimination des PE et des CMR dans les dispositifs médicaux quand ils sont remplaçables – ce qui est exactement le cas de l’amalgame.
- l’ANSM, qui voulait produire un nouveau rapport innocentant le mercure dentaire, s’est pris les pieds dans le tapis : cette thèse n’est tout simplement plus soutenable dans le contexte international et européen que nous connaissons.

L’amendement proposé aux sénateurs est juste et raisonnable :
- le mercure dentaire est la première source d’imprégnation de la population au mercure et les Français sont de loin les plus exposés à cette substance sur notre continent, puisque la France consomme le tiers du mercure dentaire européen. Le phénomène est réversible : les pays qui renoncent au mercure dentaire voient rapidement diminuer les niveaux de mercure dans l’organisme de leur population.
- Un rapport de 2012 a mis en évidence que l’amalgame est en réalité le plus cher des matériaux d’obturation si l’on tient compte des coûts de dépollution et des coûts sanitaires engendrés, qui sont aujourd’hui supportés par la société alors qu’ils devraient être intégrés au prix du produit.

Tel que nous le comprenons, le sens de cet amendement n’est en aucun cas de stigmatiser les dentistes, mais de les amener à ne plus utiliser un matériau préjudiciable à la fois à eux-mêmes (même s’ils n’ont en règle générale pas de claire conscience de ce danger), à l’environnement et à la santé de la population générale.

La santé des patients n’y perdra rien, car des alternatives efficaces
(composites et ciments verres ionomères) existent. De nombreux pays, même parmi les plus pauvres, se sont engagés à passer à une dentisterie sans mercure d’ici à 2015 [1]. La France peut aujourd’hui prendre ce tournant : nous espérons qu’elle en saisira l’occasion. S’y refuser serait incompréhensible et indéfendable aux yeux des citoyens.

 


[1] En Amérique latine : Equateur, Uruguay. En République Dominicaine, les amalgames sont déjà interdits.
En Afrique : Gambie, Centre-Afrique, Cameroun (interdiction en janvier 2014), Gabon, Zambie, Sud-Soudan, Ouganda, Madagascar, Ile Maurice. Au Zimbabwe, la décision a déjà été prise en 1984 : un décret du Président a fait de l’ART (une alternative utilisant le ciment verre ionomère) une priorité, de sorte que le mercure dentaire n’est plus en usage depuis longtemps.
En Asie : Philippines, Bangladesh, Népal.
En Océanie : Nouvelle-Zélande, Iles Kiribati. Au Japon et en Russie, le mercure dentaire est abandonné depuis longtemps.
En Europe : Suisse, Géorgie. La Suède, la Norvège, le Danemark et l’Arménie s’en dispensent déjà.



Communiqué de presse (09 octobre 2013) - Mercure dentaire : le SCHER allume un nouveau voyant rouge

 





Le Comité scientifique sur les risques sanitaires et environnementaux (SCHER, un comité scientifique chargé de conseiller la Commission européenne) vient de rendre public, ce 25 septembre, un rapport préliminaire sur les risques environnementaux et les effets sanitaires indirects dus aux amalgames dentaires. S’il est loin de faire le tour des implications écologiques liées au mercure dentaire, il dévoile néanmoins des résultats particulièrement sombres : les experts estiment en effet que, dans certaines régions d’Europe, les rejets de mercure dentaire pourraient suffire à eux seuls à contaminer le poisson au-delà des valeurs limites tolérables.

Ce nouveau rapport est le dernier d’une longue série de signaux d’alerte. Ainsi, en juillet 2012, un rapport d’experts indépendants remis à la Commission européenne évaluait la consommation de mercure dentaire dans l’Union à 75 tonnes par an en moyenne [1]. 75 tonnes d’un des éléments les plus dangereux, considéré comme si préoccupant que 140 Nations se sont accordées en janvier dernier, au terme de négociations historiques, pour en réduire drastiquement les usages et les rejets afin de protéger les populations : jamais une substance chimique n’avait fait l’objet d’une telle réglementation internationale [2].

Ce même rapport estimait qu’environ la moitié des rejets de mercure est « potentiellement biodisponible, susceptible en particulier de contaminer les poissons ». Dans le poisson, le mercure se trouve sous forme de méthylmercure. Une étude scientifique récente estime que l’ingestion de méthylmercure par les femmes enceintes coûterait chaque année sur notre continent plus de 600 000 points de QI aux nouveaux-nés [3].

La consommation de poisson constitue la deuxième source d’exposition au mercure pour les Européens, la première venant des amalgames dentaires
, ce qui a encore été confirmé par une récente expertise de l’Autorité Européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui estime que les amalgames dentaires sont responsables d’une imprégnation excessive des Européens en mercure. Ainsi, à l’exposition mercurielle directe des amalgames, s’ajoute une exposition indirecte tout aussi préoccupante.

Il n’est pas tolérable de laisser perdurer cette situation alors que la dangerosité du mercure dentaire devient chaque jour plus évidente et que des alternatives sans danger sont efficaces et disponibles [4].

Les autorités françaises ont récemment donné des signes encourageants en faveur d’une interdiction des amalgames dentaires : nous espérons maintenant qu’elles vont porter cette position devant les autres États membres. Une position claire de l’Europe sur cette question est attendue dans les mois à venir.

 


[1] European Commission. Study on the potential for reducing mercury pollution from dental amalgam and batteries, prepared by Bio Intelligence Service, 2012.

[2] La Convention de Minamata doit être ratifiée dans les jours à venir, lors d'une conférence qui se tiendra du 9 au 11 octobre 2013 à Minamata (Japon), ville sinistrée par une pollution au mercure d'origine industrielle.

[3] Bellanger M, Pichery C, Aerts D, Berglund M, Castano A, Cejchanová M, Crettaz P, Davidson F et al. Economic benefits of methylmercury exposure control in Europe: Monetary value of neurotoxicity prevention. Environmental Health 2013, 12:3. Cette vaste perte d’intelligence collective a aussi son versant socio-économique, dans la mesure où un QI plus faible se traduit par une productivité amoindrie : le manque à gagner s’élèverait annuellement à 8 ou 9 milliards d’euros.

[4] NORDEN. Mercury – reductions are feasible. Dental treatment without mercury is becoming the norm, pp. 29-31. Copenhagen, 2010.