A Berlin, les ONG appellent
à une interdiction totale
des amalgames dentaires
en Europe d'ici 2022


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14-11-2016

ARCHIVES POUR L'ANNEE 2014 - PARTIE 1

 

Les nouvelles de décembre 2014

 

  • L'ANSM PUBLIE DE NOUVELLES RECOMMANDATIONS SUR L'USAGE DES AMALGAMES


Ces recommandations appellent plusieurs commentaires. En effet, l'Agence y « réaffirme sa volonté de voir diminuer de manière importante l’usage des amalgames ». Or...

1) Nous n'avons aucun souvenir de la première fois où elle aurait énoncé une telle affirmation.

2) Rien n'explique pourquoi il faudrait diminuer l’utilisation de mercure : est-ce pour des raisons sanitaires ? environnementales ? Les deux ? Sans un rappel sur l'extrême toxicité du mercure et ses propriétés de bioaccumulation, les praticiens aujourd'hui désinformés n'ont aucune raison de comprendre ce revers soudain.

3) Les mesures recommandées par l'ANSM sont contradictoires par rapport à la volonté affichée. Ainsi l'Agence promeut l’usage des amalgames dans les polycaries sur les molaires et prémolaires... Mais il s'agit actuellement en France de leur principale utilisation ! Comment espérer, dans ces conditions, une diminution « importante » ?
De même, les contre-indications concernent une toute petite minorité par rapport à la population générale : sont simplement visés les patients souffrant de problèmes rénaux ou d’allergies reconnues au mercure.
Dans l'ensemble des autres cas, la pertinence de poser ou non des amalgames est laissée à l'appréciation des dentistes ! Il en va même ainsi pour les dents de lait, alors que la pose de mercure chez le jeune enfant constitue une aberration sanitaire (en raison de l'extrême vulnérabilité du système nerveux en développement à ce neurotoxique) et environnementale (puisque l'amalgame ne sera pas trié, comme il devrait, dans des séparateurs : il se retrouvera donc parmi les déchets ordinaires).

4) Enfin, ces mesures sont même en régression sur certains points par rapport aux précédentes : en particulier, il est désormais toléré de poser (voire de déposer, si l'on regarde les informations destinées aux patients) un amalgame sur une femme enceinte !

En l'état, nous devons donc considérer que la volonté de voir se réduire l'usage du mercure dentaire relève au mieux de l'incantation.


  • MIEUX VAUT EN RIRE QU’EN PLEURER


Le 4 novembre dernier, le président de l’Ordre National des Chirurgiens Dentistes (ONCD) affirmait avec aplomb à une journaliste qu’il avait bel et bien transmis aux praticiens le souhait de la Direction Générale de la Santé (DGS), exprimé dans une lettre d’octobre 2013, que les amalgames soient « réservés aux situations jugées sans alternatives ». Les dentistes que nous avons interrogés ont tous formellement démenti cette information.
Mais quelques jours plus tard, une nouvelle page était en ligne sur le site de l’ONCD... c’est la reproduction de la lettre de la DGS !
Remarquez bien en haut à gauche : l’Ordre fait comme si la page avait été mise en ligne en avril 2014... Faut-il davantage expliquer pour qui nous prennent M. Couzinou et ses complices ?


  • MÉDIAS


2 documents à retrouver en ligne :

1) Un entretien avec notre conseillère scientifique Marie Grosman dans le Magazine de la Santé sur France 5.

2) Un reportage diffusé dans le journal national de France 3.
On relèvera ici l’intervention de Brigitte Heuls, en charge des dispositifs médicaux à l’ANSM, expliquant que « la part de l’amalgame dans l’exposition au mercure [...] est trop faible pour avoir une responsabilité particulière ». Comment peut-elle affirmer cette contre-vérité, alors même que l’Agence a refusé de conduire une expertise toxicologique sur le mercure dentaire ?
Quant à M. Couzinou, il se fait là encore remarquer par son goût de la théâtralité : il semble persister à croire qu’à force de répéter un même mensonge (« c’est pas dangereux, ça n’a jamais été prouvé, madame, etc. ») avec toujours plus de passion, il pourrait en faire une vérité !


  • LES FRANÇAISES ENCORE SUREXPOSÉES AU MERCURE


Un article du Parisien nous apprend que, contrairement à ce qu’on observe aux États-Unis et dans d’autres pays d’Europe, l’exposition des Françaises au mercure, mesurée dans les cheveux, ne baisse pas en France.
Pour tenter d'expliquer cette persistance, les chercheurs pointent les habitudes alimentaires des Français... Il semblerait pourtant plus judicieux de s’interroger sur la contribution des amalgames !



Les Institutions françaises et européennes font le choix de l'inertie – Article mis en ligne le 18 novembre 2014

 

Tandis que les citoyens d’Europe exprimaient un refus massif de se laisser empoisonner au mercure, le ministère de la santé français « actualisait » les données sur le mercure dentaire et, au niveau européen, le Scenihr publiait son rapport définitif. Rien ne pouvait mieux souligner que cette concomitance l’état désastreux de la démocratie sanitaire.


LA NOUVELLE POSITION FRANÇAISE


I- La négation des effets sanitaires du mercure dentaire continue

Le ministère s’appuie sur le très contestable rapport de l’Afssaps pour affirmer qu’« en l’état actuel des connaissances, il n’est pas établi que les amalgames dentaires présentent un risque sérieux pour la santé de la population en général. »

Une liste est donnée de rapports internationaux allant peu ou prou dans le sens de l’Agence. Le rapport officiel suédois, qui estimait nécessaire en 2003 de bannir l’amalgame des soins dentaires pour raisons sanitaires, ne figure naturellement pas dans cette liste.

La France continue donc de s’appuyer sur la théorie de la transmutation : le mercure serait extrêmement dangereux avant et après la mise en bouche, mais pas pendant.

La France continue aussi de piétiner l’évaluation des risques chimiques, en vertu de laquelle le mercure élémentaire est un « reprotoxique 1B H360D (peut nuire au fœtus), Acute tox 2 H330 (mortel par inhalation), STOT RE1 H372 (toxicité spécifique pour certains organes cibles à la suite d'une exposition répétée) ».

La France continue enfin de nier l’évidence des nombreuses intoxications mercurielles dues aux amalgames, que des dizaines de médecins dans notre pays continuent pourtant de soigner au quotidien.


II- Des recommandations d’usage incompréhensibles

Le ministère assure pourtant mener une « politique de réduction de l’utilisation des amalgames dentaires ».

Quelques affirmations vont effectivement dans ce sens ; en particulier, il a été demandé aux dentistes de « réserver l’usage des amalgames aux situations jugées sans alternatives ». Cette demande aurait pu être assortie du constat établi par l’ANSM en 2012 : « Au cours de l’enquête menée auprès des fabricants de produits d’obturation dentaire, il n’a pas été identifié d’indication de restauration où l’amalgame ne pourrait être remplacé par un autre matériau. » Auquel cas, on se serait orienté vers une interdiction pure et simple du mercure dentaire.

Au lieu de cela, le ministère louvoie. Les contre-indications franches concernent seulement « les patients ayant des antécédents connus d’allergie au mercure ainsi que [...] les patients souffrant de certaines pathologies rénales ». Concernant la femme enceinte, le ministère se borne à faire appel à la « vigilance » du praticien. Même pour les dents de lait – quant auxquelles on pouvait raisonnablement espérer une interdiction franche, compte tenu de l’aberration qu’il y a à mettre du mercure dans une dent temporaire, qui se retrouvera bientôt dans la nature – les praticiens sont simplement invités à « diminuer l’utilisation d’amalgames ».

Certes, nous approuvons sincèrement que le ministère rappelle « l’obligation de fournir au patient une information préalable sur les différents matériaux d’obturation disponibles, afin de lui permettre d’effectuer un choix éclairé quant à son traitement. » Reste à savoir de quoi se compose cette « information » : les praticiens sont-ils censés faire valoir que le mercure est délétère pour l’environnement ? qu’il est sans risques pour la santé, puisque l’ANSM l’a ainsi décidé ? ou faire la lecture, beaucoup moins rassurante, des fiches produits des amalgames ?

De même, nous ne pouvons qu’abonder dans le sens du ministère, quand il rappelle que « des précautions doivent être prises » lors de la pose et de la dépose d’amalgames ; mais il faudrait là encore préciser ces précautions et rappeler qu’elles doivent être mises en œuvre pour toute intervention sur amalgame.

Enfin, concernant l’exposition professionnelle, le ministère évoque brièvement le code du travail. Mais il ne mentionne pas certaines dispositions précises qui sont pourtant d’une importance capitale, dans la mesure où le mercure est un reprotoxique de catégorie 1B : « La prévention du risque chimique sur les lieux de travail se fonde prioritairement sur le remplacement d’un produit dangereux par un produit non ou moins nocif (substitution). Ainsi, pour les agents chimiques dangereux et les agents CMR de catégorie 1A ou 1B, la recherche de substitution est une obligation qui s’impose à l’employeur et prévaut sur toutes les autres mesures de réduction du risque, lorsque celui-ci n’a pu être supprimé . » Dans le cas qui nous intéresse, il existe donc une obligation pour le dentiste de substituer l'amalgame par des CVI ou des composites sans BPA afin de protéger son assistante.


III- Une position extrêmement ambiguë


En 2012, les autorités françaises déclaraient : « compte tenu des préoccupations environnementales et des questions émergentes relatives aux conséquences de la multi-exposition et aux effets des faibles doses, […] les autorités françaises ne s’opposent pas à une suppression des amalgames au mercure [au niveau européen] dans le traitement de la maladie carieuse. »

Nous assistons maintenant à un double recul.

D’une part, il n’est plus aujourd’hui question des faibles doses et des effets cocktails, alors même que toute recherche à ce sujet a été soigneusement évitée, de sorte à ne surtout pas produire de nouvelles connaissances. Non, c’est aujourd’hui pour des « préoccupations strictement environnementales » que la France révise sa stratégie vis-à-vis du mercure.

D’autre part, la France émet des réserves d’autant plus inquiétantes qu’elles restent résolument floues :
  • Elle demande un « délai réaliste » pour le remplacement des amalgames – on se demande de quel réalisme il s’agit, puisque les alternatives sont déjà à disposition.
  • Elle souhaite s’appuyer sur des « évaluations de risques suffisantes pour les matériaux alternatifs », alors que l’encadrement réglementaire des dispositifs médicaux est un modèle d’indigence, au point que la législation actuelle ne permet même pas aux agences sanitaires d’exiger du fabricant qu’il fournisse la composition exacte des matériaux implantés chez les patients ! Au rythme où vont les décisions dans ce domaine, il faudrait attendre des décennies avant qu’on puisse s’assurer de l’innocuité des alternatives...
  • Elle réclame enfin la mise en place d’« exemptions, qui seront à déterminer au niveau national ». Or, l’utilisation pour laquelle l’usage de l’amalgame paraît particulièrement judicieuse au ministère se trouve être « la restauration des dents permanentes postérieures (molaires et prémolaires) en cas de prévalence carieuse élevée et de lésions multiples et étendues. » C’est-à-dire, en fait, le cas de figure pour lequel l’amalgame est massivement utilisé en France.


IV- Quelles conséquences ?

1) Conséquences environnementales : 5 tonnes de mercure ont été mises dans la bouche des Français en 2011. On peut s’attendre à ce que ce volume diminue légèrement dans les années à venir ; mais aussi longtemps que le ministère s’obstinera à recommander l’usage des amalgames pour les caries multiples sur les dents postérieures, il sera impossible de diminuer les rejets de mercure en dessous d’un certain seuil.

2) Conséquences sociales : la maladie carieuse est particulièrement concentrée dans les couches de la population les plus défavorisées ; compte tenu des nouvelles recommandations, il est inévitable qu’on assiste à une différence de traitement croissante entre les populations pauvres, condamnées à se voir empoisonner au mercure, et les autres couches sociales qui pourront bénéficier des alternatives.

3) Conséquences sanitaires pour les professionnels : l’Association Dentaire Française et l’Ordre National des Chirurgiens-dentistes continuent d’abreuver les praticiens de l’opinion selon laquelle l’amalgame ne présente aucun risque, au lieu de les informer sur leurs responsabilités vis-à-vis de leurs salariés ; ces derniers continuent donc d’être exposés inutilement à des substances dangereuses. De même au reste que les dentistes eux-mêmes, dont les maladies professionnelles liées à l'exposition au mercure sont consciencieusement niées.

4) Conséquences pour les personnes intoxiquées : tant que le ministère fera la sourde oreille sur la question de l’intoxication chronique aux métaux lourds, aucune mesure sérieuse ne sera mise en œuvre pour prévenir l’intoxication de la population générale. De même, aucun protocole de soins adéquat ne sera mis en place. Cela signifie, pour les personnes souffrant de pathologies induites par le mercure : errance médicale, psychiatrisations abusives, maltraitances, et absence de prise en charge financière des soins réellement efficaces – ce qui prive les plus vulnérables de toute possibilité d’accéder à une thérapeutique appropriée.


LE SCENIHR MAINTIENT LA DOCTRINE DE L’INNOCUITÉ DU MERCURE EN BOUCHE



Le Scenihr avait rendu en septembre 2014 son avis préliminaire. Le corps du rapport contenait de nombreux aspects intéressants, puisqu’il rappelait que les amalgames dentaires sont de loin la première source d’exposition au mercure des Européens ; que les femmes enceintes porteuses d’amalgames intoxiquent leur bébé à naître ; que certains patients présentent des symptômes généraux invalidants qui s’améliorent après le retrait de leurs amalgames ; que le mercure dentaire a un effet délétère sur le système nerveux, le système immunitaire, le système endocrinien et les reins ; enfin que l’amalgame pourrait favoriser l’autisme, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, la maladie de Charcot (SLA), la sclérose en plaques et des neuropathies périphériques.

Concernant les professionnels de la dentisterie, le Scenihr relevait que ceux-ci continuent d’être contaminés en proportion du nombre d’amalgames qu’ils posent, et ils sont en moyenne bien plus intoxiqués que la population générale. Il rappelait que les assistantes dentaires présentent des symptômes neurologiques plus fréquents que la population générale et que, selon certains travaux, les dentistes souffrent davantage de problèmes rénaux et de troubles neurocognitifs que la population générale.
Ces considérations n’empêchaient pas le Scenihr de conclure que l’amalgame est un « matériau de choix », efficace pour la population générale, avec un faible risque d'effets néfastes sur la santé ».

Plusieurs contributions sont venues souligner cette contradiction et apporter des éclairages ou des questions supplémentaires : comment évaluer l’exposition au mercure dentaire en faisant abstraction des autres expositions au mercure ? qu’en est-il des synergies entre le mercure dentaire et d’autres substances toxiques ? que faire de la nouvelle classification du mercure en reprotoxique 1B (classification passée inaperçue auprès du Scenihr...) ? quel est l’effet de l’exposition au mercure dentaire sur l’antibiorésistance ? Le Scenihr se borne à renvoyer que ces problèmes excèdent la question qui lui a été posée : il n’a donc rien à dire là-dessus.

Par suite, les recommandations du Scenihr rejoignent celles de l’ANSM : l’amalgame ne lui paraît pas indiqué pour les dents de lait, les patients allergiques au mercure et ceux qui présentent des maladie rénales ; la « prudence » est de mise en ce qui concerne les femmes enceintes. Pour le reste, il ne voit pas de problème.


CONCLUSION


Les institutions ont à nouveau choisi le statu quo. La mobilisation citoyenne n’a donc jamais paru plus essentielle pour compenser cette inertie systématique. Les peuples d’Europe ont donné un premier exemple en exprimant à 85 % qu’ils souhaitent l’interdiction du mercure dentaire. Il faut maintenant que ce vent souffle au cœur même de la France.



Communiqué de presse (14 novembre 2014) – PLFSS : pour les Sénateurs, il ne faut pas trop se hâter de prévenir l’intoxication au mercure dentaire

 



Mme Aline Archimbaud, pour le groupe écologiste, avait déposé cette année comme la précédente un amendement instaurant une taxe prohibitive sur le mercure dentaire. Il s’agissait précisément de « préparer le terrain d’une interdiction en neutralisant, par l’introduction d’une taxe sur le mercure dentaire, l’avantage compétitif des amalgames par rapport à leurs alternatives. »
Comme l’a souligné le sénateur Vert Jean Desessard : « La nocivité du mercure est avérée. » Alors comment se fait-il qu’un dispositif médical toxique soit aujourd’hui favorisé sur le marché, par rapport aux alternatives ? « Il faut bien rétablir l'équilibre sur des produits meilleurs pour la santé ! »

Les Sénateurs ne pouvaient certes pas nier la toxicité du mercure, ni la responsabilité qui leur incombe de protéger la santé publique. Quels motifs ont donc été avancés pour que cet amendement soit refusé ?
  • « l’efficacité d'une telle taxe » a été mise en doute. Pourtant, ce sont bien des mesures économiques – le déremboursement de l’amalgame – qui ont permis à la Suède de se débarrasser très vite du mercure dentaire à la fin des années 1990.
  • « L'utilisation du mercure est en voie d'extinction ». Cette affirmation est exacte au niveau européen... mais malheureusement pas en France : notre pays, selon l’ANSM, continue d’utiliser le mercure dans une obturation sur quatre ; selon les données européennes, la France consomme le tiers du mercure dentaire sur notre continent !
  • « Le mercure se trouve désormais en capsule – mélange qui présente une moindre nocivité. » En fait, cette présentation réduit l’exposition professionnelle, mais elle ne change strictement rien pour le patient.
  • « L’innocuité des alternatives n’est pas prouvée. » Certes. Mais peut-on pour autant continuer d’installer à l’intérieur du corps des filles ou des femmes un neurotoxique dévastateur pour le système nerveux en développement et un reprotoxique avéré, en connaissance des dangers encourus par leurs futurs enfants ?


La ministre de la Santé Marisol Touraine a surtout insisté sur l’idée que le gouvernement a déjà engagé une démarche pour réduire la consommation d’amalgames. Elle a notamment rappelé qu’une convention intégrant cette question allait être très prochainement signée entre le gouvernement et l’Association Dentaire Française (ADF)... sans craindre la redite, puisque le même argument avait déjà été avancé l’an passé [1].
Elle a également fait valoir que « le ministère de la santé a demandé, par une lettre de novembre 2013 à l'Ordre des médecins et des chirurgiens-dentistes, de réduire progressivement son usage du mercure dentaire et de l'éviter complètement pour les dents de lait. » Mme la ministre a simplement omis de préciser que l’Ordre des chirurgiens-dentistes n’a seulement jamais daigné répondre à cette lettre et qu’il n’en a pas continué moins vigoureusement sa campagne pro-amalgame.

Combien d’années encore va-t-on refuser de prendre des mesures efficaces au motif « qu’une démarche est en cours » ? Cette stratégie qui consiste à enliser les dossiers, tout en donnant l’illusion qu’on va de l’avant, atteint désormais un niveau absolument intolérable pour les malades. D’autant que, depuis que la Commission européenne a classé le mercure élémentaire comme un reprotoxique, utiliser du mercure dentaire, c’est clairement mettre en danger la vie d’autrui.



[1] http://reseau-environnement-sante.fr/2013/11/14/dossiers-par-themes/communique-de-presse-14-nov-2013-plfss-les-representants-des-dentistes-font-capoter-lamendement-sur-le-mercure-dentaire/


Communiqué de presse – L’ANSM jette les bases d’une nouvelle approche de l’évaluation des risques, principalement fondée sur l’Alchimie

 



L’Agence du médicament (ANSM) a confié début 2014 la rédaction d’une expertise sur le mercure des amalgames dentaires à une équipe de l’Inserm spécialisée en pharmacovigilance. L’association Non Au Mercure Dentaire conteste ces travaux pour deux raisons principales :


  • Les experts retenus font ce qu’ils savent faire, de l’épidémiologie, et refusent de prendre en compte les données de la toxicologie. Or les données épidémiologiques sont en l’occurrence non pertinentes : en effet, il n’existe pas de population témoin non exposée au mercure et il faudrait tenir compte de nombreux autres paramètres, comme les multi-expositions ou les susceptibilités génétiques. Seule la toxicologie peut ici fournir des indications valables.
  • Les experts minimisent considérablement l’exposition actuelle des Français au mercure d’origine dentaire, ce qui les amène à dire que si risque il y avait, il serait désormais derrière nous. Or, par rapport aux autres pays, les Françaises en âge de procréer sont aujourd’hui largement surexposées au mercure inorganique à cause de leurs amalgames.


Le 23 octobre dernier, ce rapport a été présenté devant la Commission de prévention des risques de l’ANSM par l’un de ses auteurs, le Pr Bégaud ; des représentants des instances dentaires et Marie Grosman, conseillère scientifique de NAMD, ont également été entendus [1].

Auditionné au titre de l’Union Française de Santé Bucco-Dentaire (UFSBD), le dentiste Julien Laupie [2] est parvenu à instiller, parmi les membres de la Commission, l’idée que « les coûts sont de 1 à 10 quand il s’agit de choisir » entre l’amalgame et les alternatives. Dès lors, plusieurs membres de la Commission ont pris la parole pour faire valoir qu’une interdiction serait inacceptable, en ce qu’elle reviendrait à priver de soins les plus pauvres.

L’argument ne serait pas sans force s’il reposait sur la réalité. Or – et les représentants de l’ANSM, qui se sont gardés de restaurer la vérité, ne peuvent l’ignorer – tous les matériaux d’obturation bénéficient de la même cotation à la Sécurité sociale ; quel que soit le matériau choisi, le patient se voit intégralement remboursé [3].

La conséquence du maintien de l’amalgame sur le marché serait en fait la suivante : les 20 % de la population qui cumulent 80 % de la maladie carieuse, c’est-à-dire grosso modo les 20 % de Français les plus pauvres, continueront de se voir surexposés au mercure via leurs amalgames, puisque, selon l’UFSBD, le recours à l’amalgame s’impose en cas de caries multiples. De surcroît, le jour où il faudra leur couronner une dent, ils ne pourront pas se faire poser de céramique pour des raisons économiques qui, à ce moment-là, interviendront effectivement : chez ces patients, les praticiens se verront donc contraints de poser des couronnes métalliques à côté des amalgames, en infraction avec les recommandations de l’ANSM [4].

L’autre argument phare de l’UFSBD, c’est que les alternatives dureraient beaucoup moins longtemps que les amalgames, obligeant le patient à retourner souvent chez le dentiste. Les études et méta-analyses ont pourtant démontré que cette assertion est fausse [5].

À l’appui de ces deux mensonges (l’alibi des pauvres et la longévité supposée de l’amalgame), l’ANSM n’a pas jugé utile de faire voter la Commission sur ce qui semblerait la logique même : faut-il éliminer l’amalgame dentaire ou doit-on se contenter d’en réduire fortement l’usage ?


L’ANSM estime en effet qu’aucun argument sanitaire ne justifie l’interdiction des amalgames. Le seul membre de la Commission qui ait refusé de se rendre à cet avis est précisément... le seul qui soit spécialiste de l’évaluation des risques chimiques. Il se déclare « effaré » : « le mercure c’est un reprotoxique avéré, le mercure c’est un mutagène supposé, le mercure c’est un cancérogène supposé ». La conséquence est simple : « pour des raisons sanitaires strictes », « on ne peut pas aujourd’hui se permettre de dire : ‘on peut mettre des amalgames aux enfants de 0 à 3 ans’. On ne peut pas aujourd’hui décemment dire : ‘on peut mettre des amalgames à des femmes qui sont en âge de procréer’ », c’est-à-dire (compte tenu de la durée des amalgames) entre 0 et 40 ans.

Ce spécialiste rappelle que la valeur toxicologique de référence (VTR), c’est-à-dire le seuil d’exposition qui, pour des raisons sanitaires et réglementaires, ne doit pas être dépassé, ne peut pas être calculé isolément pour chaque source d’exposition : « on regarde la totalité de l’exposition et si par hasard, par malheur, on dépasse la VTR, on regarde sur quel élément on peut jouer. Aujourd’hui, la VTR du mercure élémentaire, on est à la limite rien que par l’air ambiant et on est en train de nous dire : il y a un 2e élément d’exposition qui existe, c’est l’amalgame dentaire. Il est bien évident qu’on ne peut pas jouer beaucoup sur l’air ambiant »... en revanche, on peut se passer des amalgames puisque les alternatives existent.

Conclusion : si l’Agence n’interdit pas le mercure dentaire, elle se rend fautive non seulement de l’exposition de filles et de femmes à un reprotoxique avéré, mais aussi d’un dépassement, chez de nombreux patients, des valeurs d’exposition réglementaires au mercure.


À cet argumentaire, M. Mahmoud Zureik, Directeur de la stratégie au sein de l’ANSM, oppose deux semblants de réponses :

1) Selon lui, en supprimant les amalgames dentaires, on ne corrigerait qu’« à la marge » le problème de l’exposition environnementale au mercure. Cette formidable intuition révolutionne tout ce que nous savons ! Il est en effet établi que l’amalgame représente le premier facteur d’imprégnation au mercure en Europe [6] (et a fortiori en France, le pays le plus exposé).

2) Mais M. Zureik fait encore mieux : « On est d’accord avec vous sur le mercure mais pas sur les amalgames dentaires » – comme si le mercure était transmuté en quelque autre substance dès lors qu’il est à usage médical.

C’est donc un ensemble de formulations molles que l’ANSM s’apprête à publier : « information complète du patient concernant le choix du matériau de restauration... limitation de l’utilisation des amalgames dentaires contenant du mercure à des situations listées, limitées et justifiées ... [7] » Que de précautions, pour ne surtout pas avouer que l’amalgame est un dispositif médical toxique !

Il est temps que l’Agence fonde ses avis sur les apports de la science et sur les outils d’évaluation des risques qui font consensus, plutôt que sur les principes pour le moins nébuleux de l’Alchimie.

 


[1] Les vidéos relatives à cette journée sont disponibles ici.

[2] M. Laupie cumule les postes de vice-président de l’Union Française de Santé Bucco-Dentaire (UFSBD) et Secrétaire adjoint de l’Association Dentaire Française (ADF) où il a été chargé de la charte du développement durable, laquelle « oublie » de mentionner le mercure.

[3] Les coûts élevés évoqués par M. Laupie correspondent en fait à des inlays-onlays en céramique, qui ne font pas partie des alternatives à l’amalgame et qui ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale.

[4] En effet, la proximité de différents métaux est à l’origine d’un « effet pile » qui provoque la corrosion des matériaux et, en particulier, le relargage de mercure.

[5] Mickenautsch S, Yengopal V, Banerjee A. Atraumatic restorative treatment versus amalgam restoration longevity: a systematic review. Clin Oral Invest (2010) 14:233–240).

Frencken JE, Taifour D, van’t Hof MA. Survival of ART and amalgam restorations in permanent teeth after 6.3 years. J Dent Res, 85:622-626 (2006).

[6] Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR). Toxicological profile for mercury. U.S. DEPARTMENT OF HEALTH AND HUMAN SERVICES. 1999

Mark Richardson, et al., Mercury Exposure and Risks from Dental Amalgam Part 1: Updating Exposure, Re examining Reference Exposure Levels, and Critically Evaluating Recent Studies, rapport du 8 novembre 2010, SNC-Lavalin Environment, Ontario.

[7] Voir sur la page de l’ANSM de la note 1 le document intitulé : « Retour sur la séance du 23/10/2014 ».





Lettre ouverte à M. Mahmoud Zureik,
Directeur de la stratégie et des affaires internationales à l’ANSM

 


Saumur, le 31 octobre


Monsieur,


Les commentaires que vous avez adressés à Mme Grosman après son intervention devant la Commission de prévention des risques liés à l’utilisation des produits de santé mettent en cause notre bonne foi sur deux points :
  • contrairement à ce que nous affirmons, vous prétendez que l’Agence n’a fait aucune difficulté à nous donner la parole ;
  • d’autre part, vous nous accusez de versatilité : nous aurions été très heureux devant la perspective qu’une revue exhaustive de la littérature avait été confiée à des experts indépendants ; et nous retournerions notre veste maintenant que le résultat ne nous satisfait pas.


Sur le premier point, je ne remonterai pas aux temps où l’Afssaps refusait d’enregistrer les signalements d’incidents relatifs aux amalgames, ni au rapport de 2003-2005 dont la rédaction avait été confiée à des experts qui, pour certains, se trouveraient clairement en situation de conflits d’intérêts.

Contentons-nous de retracer l’historique depuis octobre 2011, moment où M. Ghislain, alors directeur de la Direction de l’Evaluation des Dispositifs Médicaux (DEDIM), nous annonçait une réévaluation des risques relatifs aux amalgames dentaires à laquelle nous devions être partie prenante. En réalité, nous avons été soigneusement tenus à l’écart de ces travaux , jusqu’à ce qu’un projet de rapport inacceptable nous soit adressé fin décembre 2012. Nos protestations sur les modalités d’élaboration du rapport comme sur son contenu n’ont eu aucun effet jusqu’à ce que nous fassions part de notre mécontentement à la Direction Générale de la Santé (DGS) : sur la base des éléments que nous apportions, la DGS a décidé de ressaisir l’Agence, vous contraignant à nous auditionner une première fois. Rappelons que, sans notre audition, les recommandations de 2005 qui font de notre pays le champion du monde de la pose d’amalgames restaient intactes.

Vous nous avez annoncé vous-même en janvier 2014 qu’une « revue exhaustive de la littérature » était confiée au Pr Bégaud et que nous serions à nouveau invités à commenter ce travail devant la Commission. J’ai pris très régulièrement des nouvelles, par courriel et téléphone, de l’avancée de ces travaux auprès de l’Agence ; on n’a rien voulu m’en dire jusqu’au 5 septembre (le rapport avait été remis en juillet), moment où l’a m’a annoncé que l’opinion de notre association étant déjà connue, nous ne serions pas finalement pas réentendus par la Commission et que le rapport de l’Inserm ne nous serait pas transmis avant sa présentation à la Commission ; la parole serait donnée aux seules instances dentaires. J’ai dû alerter la DGS, plusieurs représentants des associations au conseil d’administration de l’ANSM et des membres de la Commission pour que l’ANSM nous transmette le 22 septembre le rapport de l’Inserm et qu’elle nous invite à prendre la parole devant la Commission.

Sur le second point : nous avons effectivement été soulagés qu’une expertise soit confiée à une équipe indépendante, après le fiasco de la précédente « actualisation des connaissances ». Toutefois :

  • 1) Nous avons toujours plaidé pour être partie prenante de l’expertise, et non de simples commentateurs en fin de parcours. Ainsi, dans un courrier du 20 janvier 2014 adressé au Directeur Général de l’ANSM, écrivions-nous : « nous voudrions savoir comment nous pourrions être associés, en amont plutôt qu’en aval, à cette expertise. Sans attenter en aucune façon à l’indépendance des experts, il nous paraît légitime d’être entendus, dans la mesure où Non Au Mercure Dentaire possède en France l’expertise la plus complète et la plus longue sur le dossier qui nous occupe, avec en outre un regard spécifique en tant qu’association de malades. »
  • 2) Nous avons toujours estimé, comme nous l’écrivions dans ce même courrier, qu’ « il ne suffit pas de se demander si le mercure dentaire est à l’origine de telle ou telle pathologie : c’est la substance qui est en cause. »
  • 3) Nous ne considérons pas qu’une revue des études épidémiologiques entre 2003 et 2014 corresponde au critère de « revue exhaustive de la littérature », en particulier parce que manquent toutes les études de toxicologie, ce que nous reprochions précisément à « l’actualisation des connaissances ».
  • 4) Nous avons adressé le 13 mars dernier un courrier au professeur Bégaud dans lequel nous prévenions : « Les expertises successives conduites en France sur le mercure dentaire (CSHPF 1998 ; Afssaps 2005 ; ANSM 2013) ont fait suite à notre mobilisation ; mais chacune porte, selon nous, les mêmes limitations méthodologiques qui en faussent les résultats. Les études épidémiologiques s’avèrent en effet trop souvent insuffisantes à elles seules pour démontrer le lien entre amalgames dentaires et pathologies – ne serait-ce qu’en raison de la difficulté à trouver une population témoin jamais exposée au mercure. Les études expérimentales méritent en l’occurrence une attention qui ne leur a encore jamais été accordée. » Nous soulignions qu’il fallait à notre sens absolument tenir compte du contexte international et européen ; des études d’imprégnation ; des sensibilités individuelles ; enfin de l’exposition professionnelle.


Nous ne disons pas autre chose aujourd’hui. Si donc vous pouvez préciser sur quel point nous ferions preuve de versatilité, je vous en serais reconnaissant.

Je vous informe que cette lettre sera publiée sur le site de notre association, pour donner réponse à vos accusations publiques. Elle sera évidemment complétée par l’ensemble des commentaires que nous avons à formuler sur le rapport de l’Inserm et sur les entretiens qui ont eu lieu durant la Commission du 23 octobre.

Je tiens à votre disposition et à celle de quiconque m’en adressera la demande l’intégralité des courriels et courriers échangés avec l’Agence, qui démontrent clairement que vous vous efforcez de réécrire l’histoire pour donner l’illusion que les principes de la démocratie sanitaire seraient respectés au sein de l’Agence, ce qui est en l’occurrence tout à fait faux : malheureusement, nous sommes très loin de la co-construction des expertises que nous appelons de nos vœux, et nous ne parvenons à nous faire entendre que par le truchement d’un rapport de forces.

Respectueusement,
Geoffrey Begon, Délégué Général de Non Au Mercure Dentaire



La position alambiquée du Scenihr sur le mercure dentaire - Communiqué de presse du 18 septembre 2014

 




et Michèle Rivasi, députée européenne



Le Comité européen chargé des risques émergents (Scenihr) vient de publier son nouvel avis sur les amalgames dentaires [1]. Certes, les experts ne s’empressent pas de déclarer qu’il faut éliminer au plus vite un dispositif médical qui empoisonne les Européens depuis 150 ans ; mais ils reconnaissent que :

1) Les amalgames dentaires sont de loin la première source d’exposition au mercure des Européens [2] ;

2) En conséquence, ils sont susceptibles d’induire un dépassement des valeurs d’exposition tolérables [3] ;

3) Les professionnels de la dentisterie continuent d’être contaminés en proportion du nombre d’amalgames qu’ils posent, et ils sont en moyenne bien plus intoxiqués que la population générale [4].

Voici qui pourrait largement suffire à justifier l’interdiction du mercure dentaire, dans la mesure où les alternatives sont bel et bien disponibles [5]. Mais le Scenihr continue :

4) Les femmes enceintes porteuses d’amalgames intoxiquent leur bébé à naître [6] ;

5) Certains patients présentent des symptômes généraux invalidants qui s’améliorent après le retrait de leurs amalgames [7] ;

6) Les publications montrent un effet délétère du mercure dentaire sur :
  • a) le système nerveux [8] ;
  • b) le système immunitaire [9] ;
  • c) le système endocrinien [10] ;
  • d) les reins [11].

7) Même si l’état de la science ne permet pas de trancher avec certitude, les amalgames dentaires pourraient favoriser l’autisme, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, la maladie de Charcot (SLA), la sclérose en plaques et des neuropathies périphériques [12] ;

8) Les résultats contradictoires des études épidémiologiques s’expliqueraient du fait que certains individus sont génétiquement plus vulnérables au mercure [13] ;

9) Les assistantes dentaires présentent des symptômes neurologiques plus fréquents que la population générale [14] et des travaux mettent en lumière que les dentistes souffrent davantage de problèmes rénaux et de troubles neurocognitifs que la population générale [15].

Selon toute vraisemblance, les vieilles institutions représentant les dentistes, passionnément attachées à leur vieil amalgame, ne retiendront de ce rapport rien d’autre que la conclusion, éminemment contradictoire avec le contenu du rapport : « l’usage actuel de l’amalgame dentaire ne présente aucun risque de maladie systémique [16] ».

Pour autant, nous dit le Scenihr, les amalgames ne sont indiqués ni pour les enfants, ni pour les femmes enceintes, ni pour les patients souffrant de maladies du rein ou d’allergie au mercure [17].

Alors, pour qui l’intoxication au mercure dentaire est-elle particulièrement indiquée ? Imagine-t-on de rechercher le profil génétique (car plusieurs gènes sont impliqués) de tout patient avant de procéder à la pose d’un amalgame, pour évaluer la vulnérabilité au mercure de chacun d’entre nous ? C’est tout simplement impossible.

En fait, le Scenihr se défausse : ce sera au praticien de l’expliquer à son patient, en vertu du principe du « consentement éclairé » [18]. Nous souhaitons bonne chance au chirurgien-dentiste pour délivrer une information claire à ce sujet.

 


[1] http://ec.europa.eu/health/scientific_committees/consultations/public_consultations/scenihr_consultation_24_en.htm
Toutes les citations ci-dessous sont extraites de ce rapport.

[2] “Based on an estimated daily absorption of total mercury from diet, water and air of 2.6 &#956;g (WHO 1990, 1991), and the estimated daily absorption of mercury vapour from dental amalgam of 3 – 17 &#956;g (WHO 1990, 1991), in case of individuals with a large number of amalgam fillings, amalgam fillings may account for 87 % (17 &#956;g out of 19) of the absorbed total mercury. In individuals with only a few amalgam fillings, this source may account for about 50 % (3 &#956;g out of 5.6 &#956;g) of the absorbed total mercury (summarised in ATSDR, 1999).”

[3] “In line with JECFA, the EFSA CONTAM Panel (2012) established a tolerable weekly intake (TWI) for inorganic mercury of 4 &#956;g/kg b.w., expressed as mercury. [...] The EFSA stated that dietary inorganic mercury exposure in Europe does not exceed the TWI. Inhalation exposure of mercury vapour from dental amalgam is likely to increase the internal inorganic mercury exposure. The TWI might be exceeded when a high number of dental amalgam fillings is present.”

[4] “Ritchie et al. (2004) showed that dentists had, on average, urinary mercury levels over 4 times that of control subjects”

“Correlations have been found amongst dentists between urinary mercury levels and the number of hours worked in the surgery (r=0.22, P=0.006) and the number of amalgam restorations placed (r=0.38, P<0.001) and removed (r=0.29, P<0.001) in a week”

“Dental personnel may now be exposed to much less mercury than in the past, in view of the increased use of encapsulated dental amalgam, improvements in amalgam capsule design, the heightened awareness and practice of appropriate dental mercury hygiene measures, and the increasing use of alternative, non-mercury-containing materials (Hørsted-Bindslev 2004).
However, despite trends to reduce exposure to mercury, large, highly statistically significant differences (P<0.0001) may be found between dental personnel (in particular dentists) and controls, with respect of mean urinary, hair (head and pubic) and nail (finger and toe) mercury levels (Morton et al. 2004).”

[5] “We conclude that dental health can be adequately ensured by alternative types of restorative material.”

[6] “Mercury vapour, like methyl mercury, is capable of passing the placental barrier. Thus, in a study of 99 mother-child pairs, a strong positive correlation between maternal and cord blood total Hg levels was found (&#961;=0.79; P<0.001). Levels of Hg in the cord blood were significantly associated with the number of maternal amalgam fillings (&#961;=0.46, P<0.001) and with the number of years since the last filling.”

“Brain tissue obtained from 35 children below 5 years of age showed mercury concentrations up to 20 &#956;g/kg and a significant correlation (p< 0.05) with the mother’s number of amalgam fillings (grouped as less than 2 or more than 10 fillings), and the same correlation was found for kidney cortex samples from 38 foetuses and 35 infants.”

[7] “Follow-up studies on the above-mentioned patient study were recently published (Sjursen et al 2011, Lygre et al 2012). Three years after removal of amalgam fillings most of the health complaints decreased, being statistically significant for taste disturbances, pain from muscles and joints, gastrointestinal complaints, complaints from ear/nose/throat and fatigue.”

[8] “In conclusion, there are some publications that indicate that exposure to mercury may be associated with some decline in the auditory and visual system.”

[9] “In conclusion, inorganic mercury exposure may cause adverse effects on the immune system. However, there is no evidence that autoimmune disease is provoked in humans by mercury exposure from amalgam fillings. In some patients with allergy to mercury, clinical improvement is seen after removal of amalgam fillings. There is some evidence that exposure to mercury influences proinflammatory cytokine levels, but the clinical implications are not clear.”

[10] “A study of 75 mother-child pairs from Slovakia showed that exposure to mercury from amalgam and the environment influences thyroid hormone status with e.g. lower thyroxine levels in the mothers. This was correlated to a higher level of thyroid-stimulating hormone in the blood of the newborn children (Ursinyova et al 2012). Although the findings appear meaningful, the clinical implications are not clear.”

[11] “Concerning the urinary system, several studies show that parameters of kidney function may be influenced by mercury from amalgam, but there is no convincing evidence that dental amalgam is associated with a clinically decreased kidney function (decreased renal clearance) in the patients in the short or long term. On the other hand, decreased kidney function (decreased renal clearance) is likely to decrease the ability to eliminate mercury and other substances via the urine.”

[12] “For the neurological system, there is no clear evidence for an increased risk for Alzheimer’s disease, Parkinson’s disease or amyotrophic lateral sclerosis associated with amalgam fillings.
The data are inconclusive for multiple sclerosis.
Likewise, a possible association between amalgam fillings and clinical signs of peripheral neuropathy (paraesthesia) has not been replicated in more recent studies.
The visual and auditory system may be influenced by mercury from amalgam fillings. There is some evidence that indicates that exposure of the mother in early pregnancy to mercury from amalgam may promote the development of autism in the child.”

[13] “The presence of dental amalgam has been suggested to be associated with a variety of systemic conditions, particularly neurological and psychological/psychiatric diagnoses, including Alzheimer’s disease, Parkinson’s disease, and multiple sclerosis as well as kidney disease.
These possible risks are not substantiated. However, recent studies suggest that the genetic make up may be the cause of a higher mercury internal dose for some individuals, possibly making them more vulnerable to mercury toxicity than the average.”

[14] “However, even recent studies support the notion that dental assistants have more frequent neurological symptoms, although the association to mercury vapour exposure is uncertain, as the symptoms are generally nonspecific, and other chemical risk factors may have been present (Ngim et al. 1992, Moen et al,2008, Hilt et al., 2009).”

[15] “Dentists were significantly more likely than control subjects to have suffered from disorders of the kidney (6.5 % vs. 0.6 %) but these self-reported symptoms were not significantly associated with their level of mercury exposure as measured in urine (Ritchie et al., 2004).
This difference between dentists and controls remained significant after correcting for multiple comparisons and after adjusting for age and sex using logistic regression (adjusted odds ratio of kidney disorders for dentists: 15.2 (95% CI = 1.8 to 126.3; p = 0.01). As exposure was assessed cross-sectionally, it is possible that the kidney disease resulted in a decreased urinary mercury excretion.
A US study of dentists and dental assistants suggested that an increased prevalence of
symptoms of depression, anxiety, and memory was associated with two genetic
polymorphisms thought to convey hypersusceptibility to mercury vapour toxicity (Heyer et al 2009).”

“Neurobehavioural tests in 98 dentists (mean age 32, range 24-49) and 54 unexposed controls (mean age 34, range 23-50) consisting of motor speed, visual scanning, visuomotor coordination and concentration, verbal and visual memory, visual memory, and visuomotor coordination speed showed a deficient performance of the dentists compared to the controls.”

[16] “It is generally concluded that no increased risks on adverse systemic effects have been documented in the general population as a whole and it is considered that the current use of dental amalgam does not pose any risk of systemic disease.”

[17] “The use of amalgam restorations is not indicated in primary teeth, in patients with mercury allergies, and persons with chronic kidney diseases.”

“Furthermore, to generally reduce the use of mercury-added products in line with the intentions of the Minamata Convention (reduction of mercury in the environment) and under the above mentioned precautions, it can be recommended that for primary teeth, and in pregnant patients, alternative materials to amalgam should be the first choice. This decision should be made after informed consent from the patient or the legal guardians”

[18] “As a general principle, the relative risks and benefits of using dental amalgam or the various alternatives should be explained to patients to assist them to make informed decisions. This has implications concerning the provision of improved product information from the manufacturers.”



COLLOQUE : Les maladies environnementales émergentes nous alertent ! – Annonce publiée le 12 septembre 2014

 


Monsieur Jean-Louis ROUMEGAS
Député de l’Hérault
Co-Président du Groupe d’études Santé-Environnement
Membre de la commission des Affaires sociales
Membre de la commission des Affaires européennes

a le plaisir de vous inviter au colloque

Crise sanitaire des Maladies Chroniques :
Les maladies environnementales émergentes nous alertent


Jeudi 16 Octobre 2014, de 9h00 à 16h00
Salle Victor Hugo,
101, rue de l’Université, 75007 Paris

C’est un basculement dans l’histoire de l’humanité : les maladies chroniques non transmissibles (cancers, maladies cardiovasculaires, maladies métaboliques, maladies mentales) sont devenues les causes prépondérantes de décès prématurés. Les succès remportés dans la lutte contre les maladies infectieuses sont d’ores et déjà compromis par les dérèglements de notre environnement. Comment répondre à cette nouvelle donne sanitaire ?

Une clef nous est donnée à travers les maladies environnementales émergentes (M2E). En effet, la fibromyalgie, le syndrome de fatigue chronique/encéphalomyélite myalgique, les sensibilités chimiques multiples et l’électro-hypersensibilité constituent une réponse de détresse manifeste de l’organisme à certains agents toxiques. Identifier et prévenir ces causes, ce serait protéger l’ensemble de la population d’expositions dangereuses évitables.

Les autorités sanitaires tardent à comprendre l’importance des M2E. Pourtant, 5% de la population est déjà concernée et les signaux tendent vers une augmentation constante. Il est donc urgent de donner aux professionnels de santé les moyens de prendre en charge ces malades, de prévenir ces maladies, et de considérer enfin l'environnement comme un déterminant de santé majeur. Grâce aux témoignages de malades, à l'expertise de scientifiques français et internationaux, ce colloque permettra aux parlementaires et aux autorités sanitaires d'établir des recommandations au service de la protection des populations



Première Table-Ronde – Les maladies environnementales émergentes (M2E) : quelle réalité ?
Deuxième Table-Ronde – Les M2E : des sentinelles environnementales.
Troisième Table-Ronde – Les M2E : quelles réponses politiques ?
Quatrième Table-Ronde – quelle prise en charge ?


Colloque organisé par les associations Réseau Environnement Santé,
SOS MCS, Entraide aux Malades de la Myofasciite à Macrophage
Electrosensibles de France/Priartem, et Non Au Mercure Dentaire

L'invitation au format PDF

Le Programme détaillé

Pour s'inscrire : colloque.m2e@gmail.com





Communiqué de presse (17 juillet 2014) – Amalgames dentaires : Merci aux Africains de montrer la voie à notre vieille Europe !

 




Le Nigeria vient d’annoncer qu’il se dirige « vers une dentisterie sans mercure » et qu’il fait même de cette transition une « priorité », en raison des problèmes environnementaux et sanitaires engendrés par le mercure dentaire [1]. Il rejoint ainsi la cohorte de pays Africains qui ont déjà renoncé à ce dispositif médical toxique, ou qui s’apprêtent à le faire : Gambie, Centre-Afrique, Cameroun, Gabon, Zambie, Sud-Soudan, Ouganda, Madagascar, Ile Maurice, Zimbabwe...

Voilà de quoi couper court à la rumeur selon laquelle l’amalgame resterait un produit irremplaçable « pour les pays pauvres et les pauvres de nos pays développés [2]. »

Pendant que l’Afrique s’engage sur le chemin de l’avenir, l’Europe tergiverse. Ainsi, le 07 juillet dernier, la Commission européenne invitait la société civile à s’exprimer sur la « Mise en œuvre de la Convention de Minamata sur le mercure ». Le rapport [3] qui servait de support à cette réunion rappelle que la Convention de Minamata n’oblige pas les États européens, qui l’ont ratifiée en octobre dernier, à abandonner le mercure des amalgames dentaires ; toutefois, précise le document, ce dispositif médical « est, et restera probablement, la principale utilisation par les consommateurs de mercure dans l'UE. »
  • L’amalgame dentaire représente en effet le quart de la consommation de mercure en Europe : ce sont 90 à 100 tonnes mises en bouche chaque année, alors que la consommation globale de mercure pour toute l'Europe se situe entre 320 et 530 tonnes.
  • L’amalgame dentaire, c’est aussi le tiers des déchets annuels recyclables de mercure (95 tonnes sur 285) et nettement plus de la moitié des déchets accumulés dans nos sociétés (1000 tonnes sur 1784).
  • L’amalgame dentaire, c’est surtout la première source d’exposition et d’imprégnation des Européens en mercure.

Si l'UE se contente d'appliquer a minima la Convention de Minamata, reconnaît le rapport, les bénéfices seront marginaux. On ne peut escompter d’impact significatif qu’à condition que la Commission européenne adopte le scénario « ambitieux », qui consiste à interdire le mercure dentaire, en le réservant à quelques cas très spécifiques.
Ce scénario est techniquement possible, soulignent les rapporteurs, puisqu’il a déjà été réalisé en Suède et au Danemark.
En réalité, la mise en œuvre de la Convention de Minamata sera incompréhensible si le mercure dentaire ne se voit pas interdit.
Les citoyens attendent de l’Europe qu’elle donne un horizon au reste du monde en fixant des normes environnementales et sanitaires audacieuses. Il est donc inadmissible que la Commission européenne et le lobby dentaire continuent de surfer sur la stratégie du doute pour semer l’indécision dans l’esprit des élus ; inadmissible que l’on continue de réserver un traitement exceptionnel à l’amalgame, alors que tous les autres usages du mercure se voient progressivement éliminés [4].

 

[1] http://allafrica.com/stories/201405280730.html?viewall=1
[2] Argument de la sénatrice I. Pasquet pour expliquer le vote de son groupe contre l’amendement de Mme A. Archimbaud demandant l’instauration d’une taxe sur le mercure dentaire.
[3] http://ec.europa.eu/environment/chemicals/mercury/pdf/REPORT-EU-Hg.pdf
[4] http://ec.europa.eu/environment/chemicals/mercury/index_en.htm



Non à l’orpaillage illégal en Guyane – Article publié le 17 juillet 2014

 

Une ruée vers l’or, très majoritairement illégale


Depuis les années 1990, suite à des hausses importantes du cours de l’or qui permettent l’exploitation rentable de gisements plus pauvres ou déjà écrémés, la Guyane subit de plein fouet une nouvelle ruée vers l’or. Cette ruée est caractérisée par la très forte proportion d’exploitation illégale : les estimations d’exfiltration annuelle pour l’orpaillage illégal sont de l’ordre de 10 tonnes, tandis que la production annuelle déclarée oscille entre 1 et 2 tonnes ! On est donc loin d’avoir affaire à une activité illégale à la marge d’un secteur légal.



Des pratiques incontrôlables


L’activité des exploitants déclarés est encadrée par la législation française, parmi les plus exigeantes à l’échelle de l’Amérique du Sud : interdiction de l’usage du mercure, gestion de l’eau en circuit fermé, obligation de réhabilitation au fur et à mesure de l’exploitation… En revanche, l’activité des orpailleurs illégaux est soumise à la seule loi du profit à court terme. Ainsi, l’exploitation alluvionnaire a lieu directement au fil de l’eau, détruisant les cours d’eau et créant une pollution aux matières en suspension pouvant avoir un impact à plusieurs centaines de kilomètres en aval. Les techniques utilisées pour déboiser détruisent les sols et occasionnent une déforestation durable. L’emploi du mercure pour récupérer l’or contamine les écosystèmes terrestres et aquatiques, et finalement les populations locales. Les sites abandonnés sont de véritables décharges, sources de diverses pollutions.

Le premier facteur de dégradation environnementale sur le Plateau des Guyanes


La forêt du Plateau des Guyanes, partie intégrante mais originale de l’Amazonie, constitue le plus grand massif forestier tropical continu encore relativement intact.

En l’espace de 20 ans, l’orpaillage incontrôlé y est devenu le premier facteur de dégradation environnementale. Les impacts environnementaux de l’orpaillage illégal ne se limitent pas à la surface exploitée ni à la durée de l’exploitation.

  • La déforestation occasionnée perdure longtemps après l’exploitation. En effet, les sols sont décapés sur plusieurs mètres de profondeur. Abandonnés en l’état à l’issue de l’exploitation, ces surfaces sont extrêmement pauvres et infertiles, et permettent difficilement la régénération d’un écosystème naturel.
  • Le mercure utilisé pour amalgamer l’or est un polluant dangereux qui s’accumule dans les milieux naturels et se concentre le long des chaînes alimentaires aquatiques, atteignant des concentrations particulièrement importantes dans la chair des poissons carnivores. La contamination au mercure peut perdurer des siècles et s’étendre plusieurs centaines de kilomètres en aval des sites d’orpaillage.
  • Les chantiers d’orpaillage clandestin sont le théâtre de pollutions variées, tant pendant l’exploitation qu’après l’abandon des sites : déchets, carburants, congélateurs…


De lourdes conséquences sociales


Structuré autour de réseaux clandestins d’immigration, l’orpaillage illégal traîne un sillage d’activités néfastes (drogues, prostitution, armes, règlements de comptes, etc.). Les populations locales de l’intérieur subissent au quotidien les bouleversements induits par l’orpaillage illégal. L’insécurité en forêt est réelle, le climat est tendu et le sentiment de « ne pas être chez soi » est très présent dans les populations, notamment amérindiennes, pour lesquelles l’attachement au territoire est essentiel.

Les vols de matériel, de carburant et de récoltes subis par les populations de l’intérieur sont fréquents et réguliers, finissant par compromettre sérieusement les modes de vie. Les vols de moteurs de bateau sont les plus recensés, ce qui pose problème pour des populations largement dépendantes du transport fluvial pour leur alimentation.

Les opérations de police, tout en s’avérant inefficace pour stopper ce fléau, font trop souvent payer aux forces de l’ordre un lourd tribut.

Un fléau sanitaire


Le mode d’alimentation des populations de l’intérieur repose en grande partie sur la consommation de poissons carnivores, les plus contaminés par le mercure. Les études les plus récentes font état d’une contamination mercurielle humaine supérieure aux taux acceptables selon l’OMS chez un tiers des individus pour les populations du Haut-Maroni.

La présence massive de migrants, littéralement exploités et mal suivis d’un point de vue sanitaire a également induit une recrudescence du paludisme dans les secteurs touchés par l’orpaillage illégal. L’exemple le plus parlant est la commune de Saül qui a connu un pic d’activité illégale entre 2008 et 2009, coïncidant avec un pic de paludisme d’une intensité rare. Certains experts parlent aujourd’hui de la Guyane comme d’une « bombe à retardement » pour l’émergence de résistance aux anti-paludéens, du fait de l’orpaillage illégal.

Un pillage en règle


La quasi-totalité de l’or produit illégalement en Guyane est aujourd’hui exfiltré vers les pays frontaliers (Brésil et Suriname) au moyen de transporteurs discrets et performants. Cet or est donc un or fantôme pour la Guyane, qui n’en gardera aucune trace si ce n’est le cortège des impacts désastreux qui ont accompagné son extraction. Une coopération efficace dans cette lutte entre l’Etat français et les pays frontaliers n’est toujours pas concrétisée à ce jour.

Face à ce fléau qui s’aggrave, les HURLEURS de Guyane appellent le Chef de l’Etat et le Premier Ministre à prendre en compte leurs revendications :
  • Oui à l’instauration de l’Etat de droit.
  • Non à l’exploitation humaine.
  • Non à la violence, à l’insécurité, aux vols et aux trafics dont nous sommes tous victimes !
  • Non à la contamination au mercure, à l’atteinte à la santé des habitants, à la pollution des cours d’eau et à la destruction de la forêt amazonienne.
  • Non à la destruction des modes de vie traditionnels.
  • Non au pillage des ressources de la Guyane.
  • Non à l’indifférence !



Pour signer la pétition, rendez-vous ici.